Restauration et documentation
Diane ou Compagne de Diane d’après René Frémin
Dossier de restauration
La partie restauration-conservation, qui n'est pas une mince affaire, mais nous semble indispensable et fait partie des satisfactions que nous apporte notre métier, notamment par les échanges enrichissants que nous entretenons avec les artisans, que chaque fois nous choisissons pour leurs grandes compétences.
Elle fut confiée à l’atelier de Pierre Campo à La Rochelle.
À son arrivée à l’atelier, la qualité de la terre cuite et de sa cuisson apparut particulièrement remarquable. Pierre Campo souligna notamment l’absence de « pelade » après tant d’années passées dehors, la complexité des formes nécessaires à la réalisation d’une sculpture de cette taille et le soin apporté à des détails pourtant destinés à être vus de loin, notamment les yeux et les sandales.
À l'atelier :
* On verra d'ailleurs que Pierre ne s'est pas mis immédiatement au travail.
Tout est dit dans l'échange de regard.... .
Une restauration de ce niveau exigeait une approche à la fois artistique et méthodique. Les échanges se poursuivirent pendant de longs mois par courriels et photographies afin de définir précisément les interventions et de préserver autant que possible l’intégrité de l’œuvre.

Le restaurateur travailla dans les règles de l’art, en reprenant des techniques traditionnelles et en utilisant des matériaux naturels. Bien que le choix ait été celui d’une restauration illusionniste, les interventions devaient demeurer réversibles : parties refaites en terre cuite, fixations réalisées selon des procédés traditionnels (os), colles, enduits et pigments naturels.
Quelques étapes du long processus de restauration.
Documentation comparative
L’œuvre originale de René Frémin, aujourd’hui exposée au musée du Louvre.
Voir également la notice du château de Versailles.
Documentation tirée de French Sculptors of the 17th and 18th Centuries, François Souchal.
François Souchal signale seulement deux ou trois répliques de l’original : une version à base circulaire acquise en 1934 par le musée d’Arras, une autre passée en vente à Drouot un an auparavant — qui pourrait être la même — et une dernière, donnée comme étant en grès, avec socle carré comparable à celui du marbre, vendue en 1927.
La terre cuite du musée des Beaux-Arts d’Arras, parfaitement identique à la nôtre.
D’après le focus d’œuvre du musée.
Modèle en réduction vendu par Artcurial ; il pourrait s’agir du même exemplaire repassé ensuite chez Sotheby’s.
La notice indique que la terre cuite d’Arras est réalisée d’après un moulage du marbre original. Cette formule reste nécessairement simplificatrice pour une œuvre de cette complexité, dont la réalisation suppose une multitude de moulages et de formes. Un autre modèle semblable est exposé au musée des Beaux-Arts de Virginie à Richmond.
Modèle proche, avec socle carré, vendu chez Christie’s.
Autre modèle conservé à l’Art Museum and Botanical Gardens de San Marino, en Californie.