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Paire de commodes siciliennes « aux cent miroirs »
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Exceptionnel ensemble de deux commodes italiennes |
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Une exceptionnelle paire de commodes siciliennes rococoCoiffées de plateaux laqués en faux-marbre Rouge de Vérone, ouvrant par deux tiroirs aux contours polylobés, elles sont de forme dite "en sarcophage" sur bâti de tilleul et de sapin, galbées toutes faces en plan et en élévation et très richement sculptées de roses et pivoines en haut-relief dont les plus opulentes font office de poignées, foncées de miroirs (on en compte très exactement quatre-vingt-huit sur chacune des commodes), rythmées d'une très riche ornementation sculptée à motifs en C et en S, de volutes et contre-volutes formant parcloses des miroirs, et enfin vernies "à mecca"* et dorées.
Ce mobilier est conçu comme une composition sculptée, et ce sont bien là en effet des meubles de sculpteur, mais pas seulement car "Ce type de mobilier, connu en Allemagne sous le nom de Bildhauermöbel (meuble de sculpteur) reflète les efforts mutuels d'un designer, d'un ébéniste, d'un artisan sculpteur et d'un talentueux doreur et peintre." The MET. Les deux commodes ont des proportions quasiment identiques et il en va de même pour les motifs de leur ornementation, elles forment donc deux parfaits pendants sinon même une véritable paire avec des variations dans les détails de la sculpture (et non dans la façon de cette dernière) qui sont plutôt à voir comme une qualité et telles qu'on peut en observer sur des paires anciennes du mobilier italien. Ainsi en était-il d'une paire d'encoignures turinoises à transformation datant du XVIIIe siècle de nos anciennes collections : Réunies aujourd’hui, ces deux commodes semblent faire dialoguer deux histoires indépendantes, celle d’une maison princière et celle du cinéma italien dans un même éblouissement rococo.
Royaume des Deux-Siciles, Italie du Sud.
Époque fin XVIIIe - début XIXe siècle.
Anciennes provenances :
pour l'une : Collection du Château de Wannegem-Lede. Collection princière della Torre e Tasso. & pour l'autre : Collection de l'antiquaire Jean Gismondi à Antibes. Collection de l'acteur Marcello Mastroianni.
État :
Dimensions : |
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À l’instar de la pendule orientaliste, posée sur l’une d’elles pour cette photographie d’ambiance, les deux commodes portent le rococo jusqu’au spectacle ; mais ici, le mouvement est remplacé par le jeu des volumes, des dorures et des miroirs, qui anime toute la surface du meuble. |
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Meubles référents et recherches d’attribution |
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Nous n'avons pas eu connaissance d'autres commodes semblables sur le marché, exceptions faites d'une première que nous avons eue en collection en 2017, puis d'une seconde passée en vente publique à Monaco en 2015, et enfin nous pourrions ajouter une troisième (dont nous avons seulement entendu parler) en vente sur le marché parisien dans les années 1980.
La commode de nos anciennes collections.
Antiquites Philippe Glédel (Photo d'archives)
A l'époque, après avoir beaucoup hésité sur son origine, nous pensions à l'Italie bien entendu puisqu'elle était vernie à mecca* et que par ailleurs son ancien propriétaire nous avait dit en avoir vu une semblable dans les années 80 dans une boutique des quais parisiens donnée justement pour italienne par l'antiquaire, mais de par son caractère puissamment rococo, nous envisagions aussi l'Allemagne et en particulier la région de Bamberg. * Le vernis "à mecca" est en effet un procédé italien qui consiste à appliquer sur la surface, le plus souvent une feuille d'argent tel que c'est le cas ici, un vernis coloré à base d'alcool et de gomme laque qui la protège en lui donnant un éclat "vermeil". En recherchant à l'époque dans nos archives de ventes publiques nous trouvâmes une seule autre commode semblable (très probablement relaquée sur l'ancienne mecca) passée à l'encan en 2015 à l'Hôtel des Ventes de Monte-Carlo.
L'expert de la vente la donnait pour russe et la datait du milieu du XVIIIe.
Un peu désorienté nous l'appelâmes pour lui demander de but en blanc s’il l’avait donnée comme russe parce qu'il y avait (alors) une importante clientèle russe sur la Côte d'Azur... Monsieur Stéphane Pèpe finit assez facilement par convenir, le courant Baroque ayant traversé toute l'Europe, qu'elle pouvait en effet être allemande ou pourquoi pas même italienne. Peu après cette conversation, un collègue à qui nous avions montré notre commode, alors en visite à Maastricht à l'occasion de la Tefaf, vit une commode de dimensions proches qui lui rappelait beaucoup la nôtre et nous en envoya une photographie que nous reproduisons ci-dessous :
Documentation : photographie prise (sur le vif) à la Tefaf de Maastricht Il faut bien avouer que ce modèle présenté à la Tefaf (au prix de 60.000 euros) semblait parfaitement confirmer une origine allemande de notre commode, et même de Bamberg (pardon, mais des miroirs en parcloses, ce n'est tout de même pas courant, et pour tout dire non seulement nous n'en avions jamais vus auparavant mais nous n'en soupçonnions même pas l'existence sur une commode), c'est pourquoi nous tranchâmes pour Bamberg. Le plus "drôle" c'est que nous la vendîmes alors (par l'intermédiaire d'un grand antiquaire des Pays-Bas) à un antiquaire de Rhénanie, éminent spécialiste des meubles baroques allemands, qui nous fit tout d'abord savoir que Bamberg n'était pas son origine, mais beaucoup plus probablement (et tout près de là) Würzburg, avant de se ranger définitivement, mais seulement quelques années plus tard, à l'avis qu'elle était italienne. Cette fois, après l'acquisition de ces deux nouvelles commodes, nous avons poussé plus loin nos recherches. Toujours est-il que (dans notre chronologie) : Première commode : Collection Jean Sarfati à Paris (hélas non documentée). Seconde commode : Collection du Château de Penhoët à Grandchamps (château qui devint propriété Karl Lagerfeld), puis passée par alliance et demeurée dans la famille Jobbé-Duval (vieille famille bretonne d'artistes, peintres et décorateurs). Troisième commode : Hôtel des ventes de Monte-Carlo. Quatrième commode : Collection Thurn und Taxis ou plus probablement la branche italienne della Torre e Tasso (en ce cas forte probabilité d'une origine du château de Duino), puis collection Château de Wannegem-Lede ou château de Ghellinck d'Elseghem dit "Le Château des Châteaux" ou encore "Le petit Trianon des Flandres". |
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La commode della Torre e Tasso |
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La commode Marcello Mastroianni |
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Documentation et meubles de comparaison |
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Le baroque qui naît en Italie au XVIIe siècle atteindra son apogée à Turin, à Naples, en Sicile et à Venise. Prolongement maniériste du baroque italien, la "rocaille" se développe en France à partir de la Régence, sous l'instigation notamment de Charles Cressent. C'est sous le règne de Louis XV qu'elle trouvera son plein épanouissement puis, à la fin du règne, son aboutissement dans le "rococo", avant le grand retour au classicisme.
Gilles-Marie Oppenordt et Juste-Aurèle Meissonnier figurent parmi les principaux instigateurs de ce style que François de Cuvilliés propagera en Bavière.
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A propos de la commode du château de Seehof (traduit de l'anglais). |
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Paire d'importantes commodes Néo-Rococo de Linderhof. |
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Vraisemblablement des meubles originaux du palais de Linderhof (anciennement la chambre), conçus et produits par les ateliers d’Anton Pössenbacher à Munich en 1873. Commodes à trois tiroirs en bois dur et tendre bombé et serpentin prononcés, avec riche ornement floral sculpté en bois de lin, également peint en or, avec des têtes de putti sculptées de manière naturelle sur les angles, dessus en marbre moulé blanc, poignées en bronze. Environ 95,5 x 133 x 66,5 cm. Inscrit à l’intérieur à la main « Piller 1872 »), avec étiquette d’inventaire écrite à la main entre le tiroir supérieur et le tiroir du milieu (« Rococo Komode »), diverses pertes de peinture, avec quelques signes de vieillissement et des traces d’usure. (traduit de l'allemand) |
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Antiquitäten Metz Gmbh - Kunstauktionenaire. Commode Rococo. |
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(traduit de l'allemand) Un joyau redécouvert du rococo franconien Haute-Franconie, Bamberg 1755-60. Hauteur 76 cm, Largeur 107 cm, Profondeur 66 cm. |
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Commode Rococo exposée au San Francisco Fall Antiques Show de 2010. |
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Commode Rococo exposée au Metropolitan Museum of Art de New York. |
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Le meuble français et européen du Moyen Âge à nos jours - Pierre Kjellberg |
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Le mobilier italien du XVIIIe siècle - Giacomo Wannenes |
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Naples et la Sicile nous ont laissé d'autres commodes rococo d'une incroyable audace, telle |
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Autre commode d'une collection italienne vendue le 14 mars dernier à Rome 37.000 € frais compris, |
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