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Commode Régence à pont estampillée Jacques Denizot
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Commode Régence à pont estampillée I.D. |
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Cette rare commode, galbée en élévation et légèrement bombée en plan, ouvrant par quatre tiroirs sur trois rangs, dite en tombeau ou à la Régence, s'inscrit cependant dans un groupe beaucoup plus restreint des commodes dites à pont et à moustaches, avec de plus une attache des chutes d'angle placée très bas et des galbes retenus rappelant les modèles en sarcophage, et enfin dans le cercle, encore plus confidentiel, des commodes fabriquées à l'unité. Elle est coiffée d'un marbre Rouge Royal mouluré d'un bec-de-corbin et parée d'une ornementation de bronzes ciselés et dorés de grande qualité : tirants à figures d'espagnolettes, entrées de serrure aux sphinges adossées, mascaron au Bacchus souriant, espagnolettes aux indiennes, sabots étirés de feuilles d'acanthe et enfin cornes d'abondance godronnées. On y retrouve les lignes basses et, sous forme de cannelures de laiton, les divisions horizontales du style Louis XIV, en façade sous chaque rang de tiroir et en côté au niveau du rang supérieur. On note bien entendu le très inhabituel double ressaut en arc du tiroir inférieur, une forme inventive en trompe-l'oeil de deux tiroirs égaux en ressaut. Le bâti de la commode est pour sa part typique des plus beaux modèles de la Régence, en conifère de qualité pour l'essentiel mais en noyer pour les tiroirs finement montés à encastrement. A remarquer également le coquet badigeon rose pâle couvrant les fonçures du meuble, typique de la période Régence.
Cette commode se présente dans un rare état d'origine (aucun accident notable à signaler), avec tous ses bronzes d'époque délicatement ciselés et dorés, son marbre d'origine avec tranche arrière découpée au ciseau et chant débité à la scie à eau ainsi que ses anciennes (et semblables) serrures actionnées par une clé d'époque, un superbe état d'origine sublimé par une très délicate restauration et un vernis au tampon.
Estampillée I D pour Jacques Denizot
au sommet du montant avant gauche.
Travail parisien du début de l'époque Louis XV,
Jacques Denizot (1684-1760)Jacques Denizot (1684 - 1760), est un ébéniste parisien encore mal connu, comme le sont beaucoup des premiers ébénistes parisiens nés à la fin du XVIIe et qui travaillaient avant l'usage de l'estampille, tels Lieutaud et Mallerot que nous avons eu l'occasion d'évoquer. Il fit dès 1700, et comme son frère Guillaume après lui, son apprentissage chez Pierre IV Migeon, et produisit dans sa carrière essentiellement des commodes Régence et du début du Louis XV. On s'accorde généralement à trouver une parenté entre son travail et celui d'Etienne Doirat ainsi que de Noël Gérard.
LE MOBILIER FRANCAIS DU XVIIIe SIÈCLE - PIERRE KJELLBERG
LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE - COMTE FRANCOIS DE SALVERTE
Le merveilleux bois d’amouretteLe bois d'amourette, ou bois de lettre, lettre moucheté ou encore bois serpent en Guyane (mais qu'il ne faut pas confondre avec le bois serpent véritable du Brésil) et encore palo de oro, leopard wood... est un bois précieux guyanais de la famille des Moraceae qui doit son nom à son aspect tacheté ou tigré de noir sur ton de rouge-brun évoquant une peau de léopard ou de serpent. Ce bois très dense (il ne flotte pas) est particulièrement lourd et dur, avec un fort effet désaffûtant, ce qui n'empêche pas qu'il puisse être amené à un lustré splendide.
Propos de l'Etude Berger et Associés tirés du descriptif d'un bureau plat Régence donné pour "Travail parisien dans l'entourage de Noël Gérard" circa 1720 : Rappelons que le montage en feuillure ou encore à encastrement, typique des maîtres parisiens, est signe d'une fabrication soignée, et qu'il procure l'avantage de faire glisser le tiroir tout entier sur un plancher sur toute la surface de son fond, rendant inutile la pose de coulisseaux et épargnant ainsi à long terme tout risque d'usure des bords de traverses intermédiaires. |
Vues et détails de la commode |
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Dimensions : 0,82 m de haut x 1,30 m de large x 0,65 m de profondeur. |
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La commode en vue plongeante. |
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Le plateau de marbre en vue du dessus. |
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La commode vue de trois quarts gauche. |
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Vue rapprochée de trois quarts gauche. |
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Détail sur les chutes de bronze et les figures marbrées de l'amourette sur le bâti. |
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Vue du côté droit (avec quelques reflets sur le vernis). |
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Détails des bronzes d'ornement : On pourra noter la parfaite similitude des entrées de serrure aux sphinges, des espagnolettes supportant les poignées et enfin des chutes en espagnolettes, avec celles de la commode du musée Carnavalet reproduite ci-après (ainsi que les dimensions quasi semblables des deux modèles). |
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Détails des très rares et novatrices découpes du bas de caisse de la commode. |
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La commode, tiroirs ôtés. |
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Les deux tiroirs du rang supérieur et leur montage très soigné. |
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Le plancher et le dos de la commode, également dans un impeccable état. |
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DOCUMENTATION |
Documentation comparative |
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Semblables espagnolettes, poignées de tirage et entrées de serrure sur cette commode de Carnavalet. |
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Documentation LE MOBILIER DU MUSÉE CARNAVALET - Anne Forray-Carlier / Éd. Faton |
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Documentation Argus Valentine's - Commode plaquée d'un bois nettement plus courant et à la forme beaucoup plus standard. A noter que le musée Jacquemart-André (Chaalis) conserve une autre commode en tombeau estampillée Jacques Denizot. |
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Espace détente en forme de billet d’humeurLa partie plus personnelle qui suivait autrefois cette fiche a désormais sa propre page, afin de laisser ici toute sa place à l’étude de la commode, à Jacques Denizot et aux comparaisons documentaires qui s’y rapportent directement et laisser libre choix (car c'est un peu piquant... On vous aura prévenu) de poursuivre la lecture. |
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