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COMMODE-DE-JEAN-FRANCOIS-HACHE
GRANDE COMMODE DE JEAN-FRANCOIS HACHE

   

 

Très grande et rare commode d'époque Louis XV en noyer massif, galbée en façade et en côtés, de forme dite "sauteuse", ouvrant à deux tiroirs, à dessus de marbre de La Mure, portant l'étiquette de 1771 - Grenoble XVIIIè siècle.

 

Né le 10 janvier 1730 à Grenoble, apprenti chez son père Pierre Hache dès l'âge de 16 ans, établi à son compte à partir de 1754, nommé en 1770, à la suite de son père, ébéniste du Duc d'Orléans, Jean-François Hache est l'héritier d'une dynastie d'ébénistes qui s'étale sur quatre générations (Noël - Thomas - Pierre) et perdure pendant près de 150 ans. Jean-François est certainement le plus célèbre de tous, mais partage avec son père et son grand-père la réputation de plus grand ébéniste de province, considérés en effet, plus encore que les fameux Couleru, comme capables de rivaliser avec les plus grands maîtres-ébénistes parisiens. Il est quasiment établi que Jean-François Hache a séjourné chez Jean-François Oeben, l'ébéniste du Roi, et ce dernier aurait même probablement rendu visite aux Hache, très intéressé par leurs placages de bois indigène.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler qu'il existe certainement plus de commodes dans le goût des Hache, et bien souvent faussement attribuées aux Hache de Grenoble, que de commodes véritablement fabriquées dans l'atelier grenoblois de la place Claveyson. Leur renommée était telle qu'ils furent copiés par de nombreux menuisiers ou ébénistes du Dauphiné, et parmi eux d'anciens apprentis formés à l'atelier même, et leur influence s'exercera également au delà des frontières, notamment vers l'Italie voisine, et particulièrement l'Emilie. Notons que nous n'avons pas ici une commode décrite comme attribuée à Jean-François Hache, mais comme une commode de Jean-François Hache, et portant l'étiquette de l'atelier.

Nous verrons plus bas les différents éléments techniques et visuels qui permettent d'attribuer avec certitude une commode aux Hache, mais disons tout d'abord que malgré les efforts des suiveurs, l'originalité mais surtout la qualité de leur fabrication, techniquement sans défauts, est telle, qu'en présence d'une de leurs commodes, il n'est pas de place pour le moindre doute. Si Jean-François Hache, en particulier, a été beaucoup copié, il n'a jamais été égalé, et ses meubles robustes mais infiniment gracieux procurent une véritable émotion à l'observateur.

Cette commode possède encore son étiquette collée dans le tiroir supérieur, qui permet de la dater entre 1771 et 1772. Elle est entièrement galbée, et fabriquée dans des bois de pays : un superbe noyer des Alpes, choisi pour son beau veinage ramageux à grain très fin, pour les parties apparentes, et du sapin pour les fonçures. S'il s'agit bien d'un modèle classique de Jean-François Hache, et nous en verrons plus bas d'autres exemples, cette commode surprend par sa largeur quasi hors normes qui lui donne, à l'instar de son superbe dessus de marbre et de son tablier en bronze, des allures d'apparat.
Parmi les commodes entrevues sur le marché de l'art ces dernières années, il n'en est pas une seule en bois naturel qui possède de telles dimensions...pas une seule non plus dans les différents ouvrages consacrés aux Hache, exception faite de quelques rares grandes commodes d'apparat en marqueterie.
Le meuble est coiffé d'une table de pierre marbrière dit "de la Mure", plus exactement nommé Peychagnard. Il s'agit d'un calcaire gris-noir nuagé de blanc. Ces marbres étaient débités sur place à l'aide d'une simple scie à eau, puis transportés à Grenoble, et l'on retrouve sur le plat de celui-ci de nettes ondulations, très caractéristiques des marbres du XVIIIè siècle. Les commodes Louis XV en bois naturel des Hache sont davantage appréciées avec un plateau de marbre. Il est vrai que ceux-ci sont d'une très grande beauté et que de plus les commodes qu'ils coiffent sont souvent enrichies par la pose d'un bronze d'ornement à l'agrafe de la traverse basse, alors que les mêmes modèles de commodes, mais à dessus de bois, plus rustiques, n'en sont généralement pas dotées. Les premières étaient certainement beaucoup plus chères à l'époque, comme elles le sont encore aujourd'hui sur le marché de l'art, et destinées à meubler des pièces d'apparat. Il est également significatif que l'ébéniste indique précisément dans le libellé de ses étiquettes publicitaires : "tables et commodes à dessus de marbre".
Ce marbre épais, au pourtour mouluré d'un bec de corbin, ne suit pas exactement les lignes de la commode, selon une habitude chère à Jean- François Hache, et de même, une élégie pratiquée sur les bords de l'envers du marbre, destinée à affiner la mouluration, est encore une autre particularité de leur travail.
La commode repose sur des pieds "à pastille" à l'avant et des pieds profilés à l'arrière. La traverse basse chantournée, doublée selon une technique habituelle de l'atelier, est agrémentée au centre d'une découpe particulièrement étirée. A noter que la forme du bronze d'ornement s'adapte parfaitement à cette découpe, encore une caractéristique des Hache qui parent leurs meubles sans excès mais de manière fort judicieuse.

Principales spécificités de l'atelier :
- Le célèbre pied à pastille, inventé par Pierre Hache.
- Les chanfreins à bossage reliant le large montant simplement arrondi au chantournement du pied lui même.
- Le montage à clef des traverses, procédé inventé par les Hache destiné à occulter les chevilles jugées disgracieuses dans leur recherche de pureté des lignes.
- De même, pour mettre en évidence les surfaces lisses des côtés, les Hache utilisent une construction particulière de ceux-ci, le pied arrière étant chantourné dans la même planche que le côté lui même.
- L'élément le plus déterminant de l'attribution à l'atelier des Hache est le montage en feuillure, également nommé à encastrement. Signe d'une fabrication soignée, il procure l'avantage de faire reposer le tiroir tout entier sur un plancher par toute la surface de son fond, rendant inutile la pose de coulisseaux et épargnant à long terme tout risque d'usure des bords de traverses intermédiaires. Chez les Hache, ce procédé technique s'applique même à la traverse des dos de tiroirs, ce qui est assez peu commun, et ce sont ainsi les quatre faces du tiroir, ainsi que le fond lui même, qui glissent sur le plancher.

On pourra découvrir, au fil des photographies, par comparaison avec les documents joints, que le montage de notre commode est tout à fait conforme et identique.


L'ornementation de bronze doré au mercure (usures) est parfaitement d'origine :
poignées de tirage, entrées de serrure et cul-de-lampe
ainsi que la serrure du tiroir inférieur (serrure du tiroir supérieur manquante).
L'état d'origine de l'ensemble du meuble est absolument remarquable.
Même si on pourrait l'imaginer restauré à la vue des clichés, le marbre très veiné
et brèché, et bien que fabriqué il y a près de 250 ans, est absolument intact.


Grenoble - Epoque Louis XV - XVIIIè siècle.

Dimensions : 85,5 cm de haut x 144 cm de large x 66,5 m de profondeur.

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Cette commode a fait l'objet d'une restauration, mais surtout d'une finition
approfondie, où chaque cm2 a été rigoureusement inspecté. Ce n'est donc
pas sans une certaine fierté que nous la présentons dans ce très beau fini.

   
  Commode-grenobloise-de-Hache  
 

" L'oeuvre des Hache est unique. Nulle part ailleurs dans l'ébénisterie on ne retrouve,
à ce point frappante, l'originalité créatrice née d'un talent artisanal. "
Louis Faton

 
 
Commode-en-noyer-de-Jean-François-Hache-à-Grenoble-epoque-XVIIIè-Meuble-des-Hache
 
 

"En fait, un meuble sorti des ateliers Hache n'a pas besoin d'estampille, tant les caractéristiques
de leur production se suffisent à elles-mêmes."
Pierre et Françoise Rouge / Le génie des Hache

 
 

ancienne-Commode-sauteuse-grenobloise-par-Jean-François-Hache.jpg

 
 

" Une des caractéristiques des commodes de Jean-François Hache est la saillie très marquée des deux angles de façade
qui s'élargissent, se galbent, pour s'amincir, et s'afffiner dans les pieds. Ce renflement vaut une signature."
Roger baschet.

 
 

Ancien-plateau-dessus-de-marbre-de-la-Mure-Peychagnard-Hache

 
 

 

 
 

Commode-sauteuse-en-noyer-deux-tiroirs-Grenoble-XVIIIè-siècle

 
 

 

 
 

Etiquette-HACHE-A-GRENOBLE-PLACE-CLAVEYSON-1771

 
 

Etiquette " A GRENOBLE, PLACE CLAVEYSON. 1771. "
étiquette "6" du classement de René Fonvieille - utilisée entre 1771 et 1772

 
 
Commode-de-Jean-François-Hache-Ebeniste-a-Grenoble
 
 

 

 
 
Commode-grenobloise-Atelier-des-Hache-Grenoble
 
" Redire le soin apporté aux bâtis de la plupart des meubles issus de l'atelier des Hache, c'est aussi rappeler, par rapport
aux menuisiers, l'attention plus soutenue qu'apportent les ébénistes à la confection de la structure."
Marianne Clerc
 
 
" Chacun des meubles possède un de ces détails techniques qui montrent un travail maîtrisé,
une qualité d'exécution fondée sur une solide expérience "
Marianne Clerc
 
 
 
 
 
 
 
Commode-Hache-ébéniste-a-Grenoble
 
 

DOCUMENTATION