TOUS DROITS RÉSERVÉS© 2020


CET OBJET D'ART OU CE MEUBLE EST
VENDU - SI VOUS LE REGRETTEZ N'HESITEZ PAS A
NOUS CONTACTER CAR NOUS SOMMES TOUJOURS A LA RECHERCHE DE PIECES SEMBLABLES



 

COMMODE LOUIS XV DE CORSAIRE
EN ACAJOU MASSIF
Commode-de-port-de-corsaire-en-acajou-Saint-Malo-18e

 
 


Exceptionnelle commode Louis XV en acajou de Cuba massif,
à façade "en arc d'arbalète", galbée en plan et en élévation.
Travail portuaire. Saint-Malo. Milieu du XVIIIe siècle.




A l'instar de notre précédente commode nantaise qui prenait des allures de malouine, cette commode de Saint-Malo prend pour sa part des allures de bordelaise et, tout comme elle, entre dans la catégorie des meubles fabriqués à l'unité pour la haute aristocratie ou les armateurs. Nous parlons ici de corsaire car (et nous y reviendrons) d'une part le modèle référent à cette rare commode est la commode de la malouinière de la Ville Bague et d'autre part elle offre bien des similitudes avec une commode de légende dont nous avons fait la découverte il y a quelques années : la fabuleuse commode de voyage de frégate de corsaire.

Destinée à l'apparat d'un salon de malouinière, notre commode fait impression par ses dimensions avec une largeur de plus d'un mètre trente six, encore accentuée par la pose excentrée de ses garnitures, et surtout par la remarquable amplitude toute en fluidité de ses galbes. On y voit en effet en façade une combinaison de la sinuosité du mouvement arbalète et du galbe en élévation, combinaison que nous n'avons vu qu'une seule fois sur une autre malouine, la commode de voyage de nos anciennes collections. Et de même nous ne connaissons qu'un autre modèle présentant un galbe "en arbalète" et des côtés galbés en élévation (nous le présentons également en documentation). Cependant, les trois mouvements combinés, jamais encore nous ne l'avions vu sur une malouine...Aussi nous pouvons dire que cette commode est le modèle malouin la plus galbé que nous ayons pu voir.

 

Coiffée d'un épais plateau en deux larges planches, aux bords ourlés d'un bec-de-corbin souligné d'un congé, avec des ressauts aux angles coiffants des montants avants galbés en jarret, la commode ouvre par trois tiroirs (sur trois rangs) bordés d'un quart-de-rond.
La façade d'acajou ramageux est animée de galbes et contre-galbes puissants avec une découpe dite "en arbalète" et superbement éclairée par des poignées de tirage et des entrées de serrure d'origine en laiton coulé typiquement malouines. Les quatre montants sont ponctués de pieds "en escargot" posés sur des sabots (ou bouchons) facettés.
Les traverses basses sont vigoureusement chantournées et bordées d'un quart-de-rond qui se poursuit sur les pieds en y formant des volutes, à l'avant comme à l'arrière.

 

Meuble de grande élégance et de grande qualité, se présentant dans un très bel état d'origine (restaurations d'usage) et constituant un exceptionnel spécimen de commode de port de Saint-Malo. Par ailleurs nous avons fait des observations qui laissent à penser que cette commode pourrait avoir été également un modèle de voyage, soit autrefois entièrement démontable pour être transportée dans une frégate (Voir la seconde partie du dossier photo).

 

 

Acajou massif pour toutes les parties visibles
excepté trois traverses de côté en courbaril,
les sections d'acajou entre 5 et 9 cm d'épaisseur.
Fonçures (dos - planchers - intérieurs de tiroirs) en châtaignier.
Six poignées de tirage et trois entrées de serrure en laiton coulé,
trois grosses serrures en fer (avec 2 clés pour actionner les 3),
trois crochets de fer forgé, le tout d'origine
.
Superbe finition en rempli-ciré.

 

Dimensions : 82 cm de haut x 136,5 m de large x 0,66 m de profondeur.

 
 

 

 
 

 

 
 


Commode du salon de la Ville Bague (reproduite dans plusieurs ouvrages).
On observe la similitude des galbes (bien que moins importants sur ce modèle),
des chantournements des traverses, des pieds "en escargot" et enfin
(certes non visible sur cette photographie) du galbe en élévation des côtés.

 

 
 
Commode-malouine-acajou-de-Cuba-Saint-Malo-18e
 
 


Commode de léger biais : on peut particulièrement y observer
la puissance et la fluidité des lignes.

 

 

Commode-de-port-malouine-en-acajou-Saint-Malo-époque-Louis-XV-18e

 


Commode de trois quarts droit : on peut y observer le galbe en arbalète bien marqué.

 

 

 


Plateau entièrement démontable, puisque maintenu par trois crochets :
un sur chaque contre-parement des traverses supérieures des côtés
un au centre du dos (montage typique des malouines fabriquées intra-muros).

 

 
 
 
 


Le plateau en deux larges planches d'acajou,
avec ses deux alaises montées en coupe d'onglet.
Les sections des planches des traverses des côtés du bâti
vont de 5 à 5.5 cm.

 

 

 


Commode de trois quarts gauche : Les montants galbés en jarret sur des sections de 10 cm.

 

 

 


Vues rapprochées sur les galbes de la commode.

 

 

 


Vues du dessus d'un tiroir permettant d'observer son galbe en élévation
et son contre-parement évidé sur section de 6 cm.

 

 

 


Vues de chacun des côtés.

 

 

 


Vues d'une poignée et d'une entrée de serrure en laiton coulé ajouré.

 

 

 


Vues des serrures en fer.

 

 

 


La commode, tiroirs ôtés, avec ses planchers intermédiaires.

 

 

 


Vue du dessous de la commode : traverses d'acajou de sections de 7 cm.

 

 

 


Vue du dos de la commode : Rare finition des dos des montants au rabot à dents, outil
dont se servaient les ébénistes pour préparer les bois à plaquer ou encore pour raboter
les bois très durs tels que les essences exotiques.

 

 
 

 

 

 


Nous observons tout d'abord que la traverse supérieure, fixée par simples tenons en demi-queues d'aronde, est amovible. Puis on distingue, fixé par des clous au dos de la commode, des traverses de soutien de plancher rainurées. Ce sont là deux montages que nous n'avons auparavant jamais observés sur une commode de Saint-Malo, hormis sur notre ancienne commode malouine de corsaire : Lien vers cette commode.

 

 

 


Nous observons sur ce cliché (de haut en bas en partie gauche) :
1- la demi-queue d'aronde de la traverse supérieure.
2- un des deux crochets latéraux en fer forgé.
3- la mortaise ouverte du sommet du montant.
4- le coulisseau extractible (et si nous avons vu quelquefois des planchers démontables
sur des commodes malouines Louis XIV, il n'en était pas de même les coulisseaux).

5- une légère restauration au sommet de l'extrémité de la première traverse intermédiaire.

 

 

 


Nous observons sur ces deux clichés de détails :
1- une autre extrémité de traverse restaurée suite à des dommages. 4 sur 6 le sont en effet, ce qui est fort étonnant sur une commode présentant un aussi bel état de conservation extérieur. L'explication la plus logique qui vient à l'esprit est que cette commode a été maintes fois demontée et remontée.
2- un vue de l'intérieur du dos où l'on observe la finition au rabot dont nous avons fait état, mais surtout que les chevilles, loin d'etre borgnes comme c'est l'usage sur la plupart des commodes, sont ici traversantes (alors que l'épaisseur du montant arrière, dans l'ordre des choses pour un montant finissant en pied "en escargot", est tout de même de de 5,5 cm),
qu'elles ne sont qu'au nombre de 4 pour le dos complet et qu'enfin elles se dégagent de la
mortaise simplement par une légère poussée.

 

 


L'ensemble de ces observations nous amène à penser que cette commode, qui pourrait fort bien avoir été chevillée postérieurement en façade, pourrait être la commode d'un corsaire autrefois entièrement démontable et destinée à meubler sa malouinière et ses quartiers de capitaine de vaisseau quand il voguait "en courses".

Seul un démontage complet de la commode nous apporterait des certitudes, mais craignant qu'il ne puisse se faire sans dommages, nous préférons y renoncer. N'en apportant pas la preuve irréfutable, le prix du meuble ne sera pas impacté par ce supplément historique.

Aujourd'hui on peut être surpris qu'une commode de bateau, que l'on s'attendrait à trouver avant tout fonctionnelle, puisse avoir une taille et des galbes de plus grande amplitude encore que la normale. C'est justement le cas de l'unique commode de corsaire connue. C'était une époque où l'on construisait "beau" : Penser aux proues des navires...Et se rappeler que ceux-ci étaient quelquefois ornés de boiseries finement sculptées...Et enfin ce serait faire fi de l'espace privilégié réservé au capitaine dans les frégates ou autres goélettes et surtout des richesses incommensurables des corsaires malouins.

 

DOCUMENTATION

     
  Commode malouine "à la Régence" - La façade découpée en arbalète est, de même que pour les côtés, galbée en plan,
mais le galbe en élévation est quasi absent.
Ancienne collection Antiquités Philippe Glédel
 
     
 

 
     
  Commode malouine "à la Régence" en noyer sculpté - La façade en arbalète est galbée en plan et non en élévation,
mais les côtés sont galbés en élévation.
Ancienne collection Antiquités Philippe Glédel
 
     
 

 
     
  Commode malouine de corsaire "à la Régence" - La façade en arbalète est galbée en plan et en élévation,
mais en côtés le galbe en élévation est encore quasi absent.
Ancienne collection Antiquités Philippe Glédel
 
     

     
  Commode malouine début Louis XV - La façade se galbe en plan et en élévation,
tandis que le mouvement en arbalète disparait.
Mobilier régional - La Haute Bretagne - Editions Massin
 
     
 

 
     
  Commode malouine début Louis XV - La façade galbée en plan et en élévation,
le mouvement en arbalète est abandonné, les cotés se galbent en élévation.
Documentation Drouot.com
 
     
 

 
     
  Commode malouine Louis XV - La façade se galbe en élévation, et tandis que le mouvement en arbalète est abandonné,
le pied "en escargot" fait son apparition.
Le Meuble de port - Louis Malfoy / Les éditions de l'amateur
 
     

 

     
  Commode malouine Louis XV - La façade galbée en élévation, les pieds
"en escargot", les cotés galbés en élévation.
Documentation Auction.fr