TOUS DROITS RÉSERVÉS© 2020

CET OBJET D'ART OU CE MEUBLE EST VENDU - SI VOUS LE REGRETTEZ N'HESITEZ PAS A
NOUS CONTACTER CAR NOUS SOMMES TOUJOURS A LA RECHERCHE DE PIECES SEMBLABLES



 

COMMODE DE PORT LOUIS XIV
EN ACAJOU MOUCHETÉ

 
 


Exceptionnelle commode Louis XIV en acajou moucheté de Cuba massif,
à façade en arbalète, ouvrant par quatre tiroirs sur trois rangs.
Travail portuaire. Nantes. Première moitié du XVIIIe siècle.




Cette commode, parmi les plus anciennes commodes de port produites à Nantes, entre dans la catégorie des meubles fabriqués à l'unité pour la haute aristocratie ou les plus riches négociants (soit les armateurs). Elle nous fait forte impression pas sa qualité de construction : façade, plateau et côtés exclusivement faits d'un acajou moucheté de Cuba massif, fonds de tiroirs, dos et planchers exclusivement en chêne de haute futaie, le tout dans une construction cossue et d'un remarquable fini. Elle est en outre, au niveau des lignes, parfaitement servie par des galbes prononcés, tant le mouvement en arbalète qui l'anime que les chantournements de la traverse basse. Enfin son acajou "rouge cerise" est éclairé par de riches poignées et entrées de serrure en laiton moulé ajourées (on observe que ces vieilles poignées nantaises étaient d'ailleurs, pour les plus riches modèles, produites à l'unité et on en voit rarement d'exactement semblables, contrairement aux exemplaires malouins).

A propos de Saint-Malo justement, il est incontestable que cette nantaise prend des allures de malouine. On nous l'a d'ailleurs vendue pour une malouine et curieuse coïncidence, elle porte au dos une étiquette des chemins de fer bretons sur laquelle on peut encore lire : Départ - Saint-Malo & Arrivée - Nantes. Comme quoi il convient d'être circonspect dans toute expertise. Cette commode aura légitimement plu à un malouin avant que de s'en retourner sur ses terres d'origine et ainsi traversé par deux fois la Bretagne (car oui, quoiqu'on dise, Nantes c'est en Bretagne!). Plusieurs détails font en effet quelque peu écho au style des commodes de la cité corsaire : le plateau débordant largement en côté, l'importance des garnitures de laiton et leur belle rutilance, l'impression générale d'une combinaison de grâce et de robustesse. Cependant, une malouine ne présentera généralement pas ainsi deux tiroirs au rang supérieur et, pour un modèle de cette époque, ce dernier glissera directement sous le plateau sans traverse intermédiaire, le plateau, pour sa part, sera maintenu par des crochets de fer et non pas, comme ici "à la nantaise" (justement), soit par des chevilles déportées aux traverses hautes des côtés, enfin les poignées seront "à l'anglaise" avec une seule platine et non comme ici "à la hollandaise".

Coiffée d'un épais plateau (30 mm) en deux larges planches, aux bords ourlés d'un bec-de-corbin à ressauts aux angles, la commode ouvre à trois rangs de tiroirs, et on remarque que, encore au goût pour la symétrie du début du siècle, ses deux plus petits tiroirs du rang supérieur simulent parfaitement un seul et même grand tiroir, un compartiment secret astucieusement dissimulé derrière la traverse médiane leur tenant lieu de contre-coulisseaux.
La façade est animée de galbes et contre-galbes puissants à découpe dite "arbalète". Les bordures des tiroirs sont soulignées d'un quart-de-rond et il faut noter que les tiroirs dont dits "débordants", c'est à dire qu'ils viennent recouvrir les traverses en surplomb et non pas "rentrants" comme sur la plupart des commodes nantaises plus tardives. Les montants sont décreusés de moulures et ponctués de pieds qui viennent s'emboîter dans des chaussons (ou sabots) moulurés qui ajoutent encore à l'architecture du meuble.
La traverse basse, large et généreusement chantournée, est ourlée d'un quart-de-rond enrichi de volutes dites "en queue de cochon". Le tout est superbement mis en valeur par ses poignées de tirage et ses entrées de serrure d'origine en laiton qui sont typiquement de la première période nantaise.

 

Meuble d'une grande élégance et de grande qualité, se présentant dans un rare état d'origine et constituant un exceptionnel spécimen de commode de port nantaise, modèle que nous jugeons parmi les plus anciens, les plus rares et les plus riches de cette production.
Quelques autres meubles de ce type nous sont connus (voir ci-après en documentation), le plus référant étant la commode du musée du château des ducs de Bretagne à Nantes.

Superbe finition en rempli-ciré
(4 couches de vernis et 2 couches de cire).

 

Dimensions : 0,85 m de haut x 1,30 m de large x 0,67 m de profondeur.


 
Commode-de-port-nantaise-acajou-de-Cuba-Nantes-18e
 


Commode de face : on peut y observer le superbe moucheté de l'acajou et son polis.

 

 
 
 
 


Commode de trois quarts droit : on peut particulièrement y observer
la puissance du montant et la découpe nerveuse de la traverse basse.

 

 

 


Commode de trois quarts gauche : on peut y observer le galbe en arbalète bien marqué.

 

 

 


Plateau entièrement démontable, puisque s'emboîtant par quatre tenons
dans des mortaises pratiquées sur le chant supérieur des traverses des
côtés, le tout étant maintenu par des chevilles ressortantes.

 

 
 
 
 


On peut ici observer le galbe de façade du plateau, son moucheté,
ses deux planches bien jointives et dépourvues de chevilles.

 

 

 


La commode, tiroirs ouverts : on peut observer les fonçures de chêne de belle qualité.
Les tiroirs supérieurs "ne tombent pas" car maintenus par une planche centrale
(voir photo précédente) qui fait office de contre-coulisseau.

 

 

 


Les côtés de la commode : on peut observer le moucheté de l'acajou
et la sobre mais puissante architecture de l'ensemble.

 

 

 


Vue rapprochée sur la façade de la commode.

 

 

 


Détail d'une entrée de serrure et d'une poignée.

 

 

 


Vue rapprochée sur la base d'un montant.

 

 
 

 

 
 

 

 

 


Vue de la commode, tiroirs ôtés : on peut observer le montage de qualité du bâti, en affleurement des planchers de chêne sur les traverses d'acajou, qui garantit le glissement
du tiroir sur toute la surface de son fond et épargne à long terme les risques d'usure.

 

 

 


Vue d'un tiroir retourné : on peut y observer les assemblages de qualité signant le travail d'un ébéniste de la ville de Nantes, les parements intérieurs des tiroirs évidés, les grosses serrures en fer, le montage des tiroirs à queues d'aronde.

 

 

 


La coffret caché faisant office de contre-coulisseaux aux deux tiroirs supérieurs.

 

 
 


Le dessous de la commode : on peut y observer les exceptionnelles épaisseurs des
planches, que ce soit le plancher ou la traverse basse (jusqu'à 9 cm d'épaisseur).

 

 

 


Vue rapprochée sur la tranche de la traverse basse : on peut y observer "la croûte"
ancienne et constater au passage que la "greffe" au culot est parfaitement d'origine.

 

 

 


Le dos de la commode : montants en acajou, traverses et panneaux de chêne.

 

 
 

 

 

DOCUMENTATION

Le décor nantais de l'armateur au XVIIIème - Françoise Maillet

     
 

MOBILIER RÉGIONAL - LA HAUTE BRETAGNE / Ed. MASSIN

 
     
 

LE MOBILIER BRETON - René Trotel / Ed. coop breiz

 
 


Note : En vérité nous voyons ici une photographie de la commode de la collection
du château des ducs de Bretagne à Nantes.
Monsieur Réné Trotel (que nous avons bien connu) et qui était un collectionneur averti, en a effectivement
fait
faire des reproductions par son atelier, mais en série très limitée, les coûts de fabrication
(de ce qui est pour nous un non-sens) n'étant pas compatibles avec une grande série.

Nous reproduisons ci-dessous son modèle, à des fins de comparaison avec l'original,
et pour l'intérêt documentaire de la brochure.