Antiquités Philippe Glédel

Peintures chinoises d'oiseaux et de fleurs
Deux pendants sur papier vélin
Chine, dynastie Qing - Période Daoguang

Encres et lavis d'encre
École de Canton - Papier Whatman daté 1836
Paire de peintures chinoises anciennes représentant des oiseaux bleus à longue queue sur des branches fleuries, dynastie Qing

Deux peintures chinoises formant pendants

Ces deux peintures chinoises de grand format, réalisées à l'encre et au lavis sur papier vélin, représentent des oiseaux au plumage bleu et blanc, perchés sur des branches d'arbres.

Les compositions associent la précision du dessin ornithologique à la délicatesse des feuillages, des fleurs et des fruits, dans la tradition des peintures chinoises d'oiseaux et de fleurs.

Ces œuvres, traditionnellement désignées comme des peintures d'oiseaux de paradis, témoignent du raffinement des ateliers de peinture de Canton au XIXe siècle.

Encres sur papier vélin anglais J. Whatman 1836

Les deux peintures sont réalisées sur un papier vélin anglais portant le filigrane
« J. Whatman 1836 ».

Filigrane ancien J. Whatman 1836 visible au revers d'un papier vélin utilisé pour des peintures chinoises de Canton

Les peintres chinois travaillant pour le marché occidental utilisèrent très tôt des papiers européens, notamment le papier vélin anglais fabriqué par la famille Whatman.

Ce papier, apprécié pour sa qualité, sa surface régulière et sa résistance, se prêtait particulièrement bien à l'exécution de peintures minutieuses destinées à l'exportation. Il offrait une alternative aux supports traditionnellement employés dans les ateliers chinois, notamment les papiers de moelle souvent improprement désignés comme « papiers de riz ».

James Whatman l'Aîné développa la fabrication de papiers de qualité dans le Kent dès le XVIIIe siècle. Son fils, James Whatman le Jeune (1741-1798), poursuivit cette activité. Le papier Whatman fut largement utilisé dans les échanges commerciaux avec l'Asie, et particulièrement dans les ateliers de peinture de Canton.

Les filigranes datés constituent aujourd'hui de précieux indices pour l'étude des peintures chinoises d'exportation. Celui de ces deux œuvres, portant la date de 1836, permet de situer leur réalisation au plus tôt à cette date, sous réserve de l'examen matériel du papier.

Des exemples comparables de peintures chinoises d'exportation sont conservés au musée Dobrée de Nantes.

Les peintures chinoises d'exportation au XIXe siècle

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, les peintures chinoises consacrées à la botanique et à l'histoire naturelle connurent un grand succès auprès des collectionneurs occidentaux.

Ces œuvres pouvaient répondre à des commandes particulières, mais elles étaient également proposées dans les boutiques spécialisées des ateliers de Canton.

Les représentations d'oiseaux, de fleurs et de spécimens botaniques séduisaient une clientèle européenne avide de découvertes naturalistes, dans le prolongement des grandes expéditions scientifiques du XVIIIe siècle.

Ces peintures se distinguent souvent par leur finesse d'exécution, la précision des détails et l'éclat de leurs couleurs. Certaines constituent de remarquables témoignages de la rencontre entre les traditions picturales chinoises et le goût occidental pour l'histoire naturelle.

Les peintres naturalistes européens

En France, les peintures d'oiseaux sur vélin se développèrent particulièrement sous le règne de Louis XIV, avec les travaux du peintre naturaliste Nicolas Robert (1614-1685).

Cette tradition fut prolongée au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle par des artistes tels que Jacques Barraband (1767-1809), collaborateur de l'ornithologue François Levaillant, notamment pour L'Histoire naturelle des oiseaux de paradis.

Jacques de Sève participa également à cette importante tradition de l'illustration naturaliste, en réalisant des dessins pour L'Histoire naturelle du comte de Buffon.

Comparaison d'illustrations ornithologiques anciennes de Nicolas Robert et Jacques Barraband représentant des oiseaux

Illustrations ornithologiques anciennes
Nicolas Robert et Jacques Barraband.

La peinture d'oiseaux dans l'art chinois

En Chine, la peinture d'oiseaux et de fleurs constitue une tradition ancienne, qui s'affirma comme un genre pictural indépendant dès l'époque des Song.

L'empereur Huizong (1082-1135), qui joua un rôle important dans le développement de l'académie impériale de peinture, excellait lui-même dans les représentations d'oiseaux au dessin précis et aux couleurs délicates.

Au XVIIIe siècle, cette tradition fut notamment illustrée par Lang Shining, nom chinois du peintre jésuite Giuseppe Castiglione (1688-1766), et par Jiang Tingxi (1669-1732), également connu sous les noms de Yangsun et Nansha.

Jiang Tingxi, peintre de la cour impériale, participa au développement d'une peinture naturaliste minutieuse, consacrée notamment aux oiseaux et aux végétaux.

Comparaison de peintures chinoises d'oiseaux et de fleurs attribuées à Lang Shining et Jiang Tingxi, dynastie Qing

Peintures chinoises d'oiseaux et de fleurs
Lang Shining et Jiang Tingxi.

Le goût européen pour les peintures chinoises

De la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, l'art chinois exerça une véritable fascination sur les collectionneurs européens.

Les compagnies des Indes orientales contribuèrent au développement des échanges commerciaux avec la Chine, notamment par l'intermédiaire du port de Canton.

Les peintures chinoises représentant des oiseaux et des fleurs furent particulièrement appréciées. Leur esthétique inspira également des productions décoratives européennes, destinées notamment aux demeures aristocratiques.

Dimensions, état et encadrements anciens

Dimensions des peintures : 45 cm x 33,5 cm
Dimensions des cadres : 63,5 cm x 54 cm

Les peintures, protégées par des encadrements de qualité, ont conservé leur fraîcheur, la précision de leur dessin et l'éclat de leurs couleurs, avec des nuances de gris, de noir, de bleu pastel et de bleu profond.

Elles ne présentent ni repeint ni réintégration signalés. Certains traits conservent une brillance presque métallique.

Du point de vue de la conservation, les œuvres ont été confiées à un atelier parisien spécialisé pour un nettoyage léger, principalement destiné à supprimer des traces d'humidité affectant certains fonds sans altérer les décors.

Les passe-partout anciens ont été conservés, malgré quelques fines déchirures et plis. Les cartons de montage ont été remplacés par des cartons de qualité musée, à réserve alcaline.

Les peintures sont présentées sous leurs verres d'origine et dans leurs cadres d'époque Louis-Philippe, en bois doré à la feuille d'or et assemblés à clés.

La qualité des compositions, la finesse d'exécution, la délicatesse des couleurs et le soin des encadrements témoignent du caractère particulièrement raffiné de ces peintures de Canton. Leur présentation en pendants évoque une commande décorative destinée à un intérieur européen.

Chine - Dynastie Qing
Période Daoguang (1820-1850)

Les deux peintures chinoises formant pendants
Deux peintures chinoises anciennes en pendant avec oiseaux bleus à longue queue, branches fleuries et décor botanique
Première peinture chinoise encadrée
Première peinture chinoise ancienne encadrée, oiseaux bleus et branches fruitières, cadre doré d'époque Louis-Philippe
Seconde peinture chinoise encadrée
Seconde peinture chinoise ancienne encadrée, oiseau bleu à longue queue sur une branche fleurie, cadre doré Louis-Philippe
Vue comparative des deux peintures chinoises d'oiseaux formant pendants, compositions inversées
Détails de la première peinture chinoise
Première peinture chinoise ancienne sur papier vélin, deux oiseaux bleus perchés parmi des branches et des fruits Détail de deux oiseaux à longues queues bleues dans une peinture chinoise de Canton du XIXe siècle Détail d'une peinture chinoise ancienne avec oiseaux bleus, branches fines et feuillage délicat Gros plan sur un oiseau bleu et blanc perché sur une branche dans une peinture chinoise ancienne sur papier vélin Détail du plumage bleu et des longues plumes caudales d'oiseaux dans une peinture chinoise ancienne
Détails de la seconde peinture chinoise
Seconde peinture chinoise ancienne représentant un oiseau bleu à longue queue sur une branche de pin et de fleurs Détail d'un oiseau bleu et blanc à longue queue dans une peinture chinoise à l'encre sur papier vélin Gros plan sur le plumage et les couleurs d'un oiseau dans une peinture chinoise de Canton Détail des longues plumes bleues et des branches fleuries dans une peinture chinoise ancienne Détail botanique d'une peinture chinoise ancienne, pin, fleurs et oiseau bleu sur papier vélin
Documentation sur les peintures chinoises anciennes
Documentation comparative sur les peintures chinoises anciennes d'oiseaux et de fleurs, dynastie Qing

Peintures chinoises anciennes vendues

Ces deux peintures chinoises anciennes sont vendues et demeurent présentées sur notre site à titre documentaire, parmi d'autres œuvres consacrées à l'art chinois.

Si vous possédez une peinture chinoise ancienne comparable, dans ce format ou d'un format approchant, représentant un oiseau et des fleurs, ou simplement des fleurs, nous vous invitons à nous contacter.

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