HORLOGE DE BEAUBEC-LA-ROSIÈRE

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Très rare horloge dite “à la corbeille” de Beaubec-la-Rosière, presque exclusivement fabriquée en chêne merrain mouluré et sculpté d'acanthes en chutes, en panaches et en fleuron tournoyant, de tiges fleuries, d'un bouquet noué, de grecques et de canaux.
La gaine est fabriquée en deux parties distinctes :

 
 
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La partie supérieure est sommée d'une corniche cintrée amortie d'un panache d'acanthe crispée. La porte est moulurée d'une tore épaisse qui ceinture le verre bombé protégeant le cadran, tandis que juste en dessous un petit oculus vitré découvre le balancier. La porte ferme par un fin crochet de laiton et ouvre par deux charnières, l'une discrète en laiton et l'autre en fer quasi dissimulée sur la corniche intermédiaire. Le bas de caisse est flanqué de deux feuilles d'acanthe d'angle à culots de grecques d'où s'étirent des rinceaux fleuris de roses épanouies et en boutons et repose sur un socle mouluré et orné d'une frise de glyphes. Deux aiguilles en laiton découpé en forme de soleil marquent les heures et les minutes, tandis que le cadran, en tôle émaillée, est marqué Rossey à Forges, très probablement du nom de l'horloger de Forges-les-Eaux qui l'a vendue, cependant le mouvement provient beaucoup plus certainement de Saint-Nicolas-d'Aliermont, tandis que la caisse pour sa part est le travail d'un ébéniste de Beaubec-la-Rosière, village tout proche de Forges.

 
 
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La partie inférieure vient s'asseoir sur une double plinthe moulurée. Elle ouvre par une porte étroite sommée d'un bouquet de fleurs noué d'un ruban sur un culot d'acanthe et agrémentée au centre d'une large rosace tournoyante d'acanthe autour d'une grenade éclatée, le tout entre deux réserves moulurées encadrant les deux panneaux à plate-bande. Signe d'un travail très soigné, la porte est faite d'une seule planche avec embrèvement des traverses horizontales à mi-bois.

 
 
 
 

Il convient de noter, hormis la qualité de leur sculpture, et c'est une particularité tout de même stupéfiante démontrant le savoir-faire des ébénistes de Beaubec, que les deux bouquets (que l'on trouve toujours d'ordinaire dans le mobilier normand rapportés et collés) sont ici pris dans la masse, que ce soit de la corniche ou de la porte. On observe ce détail sans le moindre équivoque au dos des pièces, en posant le regard sur le dessus, les bouquets venant recouvrir les champs supérieurs, ce qui ne laisse absolument aucun doute.

 
 
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Les côtés sont moulurés, bombés et foncés en partie haute de trois petites vitres. Les charnières en laiton se veulent discrètes et la porte ouvre par une petite poignée en bronze en forme de main, à toutes fins de ne pas nuire à la fluidité des lignes qui contribue à l'élégance raffinée de l'ensemble.

 
 
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Le mouvement est un modèle normand de type "Saint Nicolas" parfaitement d'origine avec aiguilles en laiton finement découpées en forme de soleil. L'ancienne cloche remplacée par un carillon.

 
 
 
 

Dimensions :

Hauteur  2,26 cm - Largeur de 20,5 cm (corps) à 35 cm (plinthe et corniche)

- Profondeur de 8,5 cm (corps) à 15,5 cm (plinthe et corniche).

Travail Normand de la fin du XVIIIè siècle ou début du XIXè siècle.

 

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DOCUMENTATION

 

 
Détails d'une armoire de Beaubec-la-Rosière - Ancienne collection Antiquités Max Tételin
 

L'ornementation du style louis XVI, dit néoclassique, à été fort peu diffusée dans les provinces françaises, hormis dans des régions ayant des contacts étroits avec la capitale, et ainsi on le rencontre dans quelques grands ports français tels que Nantes, mais aussi à Dijon, Strasbourg, Nîmes, Lyon et Grenoble, villes où étaient installées de petites communautés d'ébénistes, il est cependant étonnant de remarquer qu'il se répandit peu à peu dans presque toute la Normandie, et il n'est pas du tout impossible que ce fut à partir de Beaubec-la-Rosière.

Car en effet cette petite commune, à deux pas de Forges-les-Eaux et parfaitement située entre la petite cité horlogère de Saint-Nicolas-d'Aliermont et la riche ville de Rouen, occupe une place à part au sein du mobilier normand. La qualité de ses meubles n'a jamais cessé d'intriguer les amateurs et chercheurs, une grande maîtrise de montage des bâtis alliée à une virtuosité et une hardiesse de sculpture sans égale dans toute la province, et enfin le style néoclassique omniprésent, aussi un tel phénomène se devait d'avoir une explication. Elle fut bientôt trouvée et il est désormais établi qu'une petite communauté d'ébénistes parisiens vint s'établir à Beaubec, bien que l'on ne sache pas vraiment pourquoi en ce lieu précisément Comme on le lit ci-dessous, les meubles de Beaubec-la-Rosière sont très rares, seulement quarante horloges ont donc été décomptées et convient-il de préciser que les deux modèles qui figure sur notre site, provenant de la même collection, ont fait partie de cet inventaire. Et en effet elles seraient le travail de seulement deux ébénistes. Nous sitons ici le Musée des Traditions et Arts Normands du château de Martainville qui en possède deux exemplaires : Les horloges de Beaubec : Spiridion Cartier, l’un des deux ébénistes parisiens installés à Beaubec-la--Rosière après la Révolution semble s’être spécialisé dans les coffres d’horloges. Utilisant le mécanisme de Saint-Nicolas-d’Aliermont, il a créé des caisses qui se différencient des horloges aliermontaises par une corniche arrondie agrémentée d’une feuille d’acanthe et d’un macaron sur la porte.

 
 
 
Mobilier régional Basse-Normandie / Ed. Massin
Les horloges de Normandie / Fernand Hervy (+ ajout au centre d'une photo de la même horloge : Styles régionaux / L'illustration)
Horloge de Beaubec-la-Rosière du Musée de Martainville (à gauche) - Les horloges de Saint-Nicolas d'Aliermont / Claude Rogère