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Laurent-Charles Maréchal de Metz - Gardienne de troupeau
Huile sur panneau monogrammée M Une petite scène pastorale sous un ciel d'orageDans un paysage vallonné, un troupeau de bovins occupe le sommet d'une prairie tandis que, légèrement à l'écart sur la droite, leur gardienne se détache en une minuscule silhouette claire. Malgré ses dimensions particulièrement réduites, Maréchal construit un véritable paysage, largement ouvert sur l'horizon. Le ciel en constitue presque le véritable sujet. De lourdes masses nuageuses grises et bleutées traversent la composition, laissant apparaître en leur centre une éclaircie lumineuse. Sous cette lumière changeante, les silhouettes rousses et brunes des animaux prennent une présence étonnante, obtenue par quelques touches rapides et vigoureuses. La petitesse du panneau oblige le peintre à aller à l'essentiel : aucune description minutieuse des animaux, mais des masses colorées, quelques accents de lumière et une succession de plans qui suffisent à donner profondeur et mouvement au paysage. La gardienne elle-même, réduite à quelques touches, donne l'échelle de cette vaste campagne et accentue encore l'impression d'espace. Une peinture minuscule dans un cadre spectaculaireLe contraste entre l'œuvre et sa présentation est particulièrement séduisant. Le petit paysage, dont la partie visible ne mesure que 22 x 11 cm, est enchâssé au centre d'un très important cadre d'époque en bois et stuc doré à l'or. Une large marie-louise dorée, à fond finement granité, isole le tableau et en augmente volontairement la présence. Elle est ornée d'agrafes feuillagées aux angles et bordée de rangs de perles. Le cadre extérieur, à larges moulures, reçoit aux quatre angles d'importantes palmettes sculptées qui répondent au décor intérieur. Cette présentation, demeurée dans un remarquable état de conservation, forme avec la peinture un ensemble particulièrement décoratif.
Le troupeau dans le paysage vallonné sous un vaste ciel nuageux. Une provenance ancienne exceptionnellement documentéeLe revers de l'œuvre porte une précieuse annotation ancienne à l'encre : « Ch. L. Maréchal (de Metz) - Vallée de Montreau - Vente du 4 avril 1887 ». Cette inscription prend aujourd'hui une importance particulière. Laurent-Charles Maréchal meurt à Bar-le-Duc le 17 janvier 1887. Or une vente consacrée aux œuvres du peintre est effectivement organisée à Paris le 4 avril de la même année. Son catalogue, conservé à la Bibliothèque nationale de France, est intitulé Catalogue de tableaux et études au pastel, dessins et peinture par Ch. L. Maréchal (de Metz). La date inscrite au revers du tableau ne constitue donc pas une simple coïncidence : elle correspond exactement à cette vente documentée des œuvres de Maréchal, organisée quelques semaines après sa disparition. Cette inscription ancienne confère à ce petit paysage une provenance particulièrement intéressante et constitue en outre un élément précieux pour son attribution.
Annotation ancienne : « Ch. L. Maréchal (de Metz) - Vallée de Montreau - Vente du 4 avril 1887 ».
Revers de l'ensemble avec l'annotation ancienne conservée sur le panneau. Laurent-Charles Maréchal, dit Maréchal de MetzLaurent-Charles Maréchal naît à Metz le 27 janvier 1801 et meurt à Bar-le-Duc le 17 janvier 1887. Dessinateur, pastelliste, peintre et surtout peintre verrier, il demeure l'une des grandes personnalités artistiques messines du XIXe siècle. Formé à l'école municipale de dessin de Metz, il pratique des genres très divers : portrait, paysage, peinture d'histoire, dessin et pastel. Son activité de peintre verrier prend cependant rapidement une ampleur considérable. En 1838, il fonde à Metz un atelier de peinture sur verre qui participera au spectaculaire renouveau du vitrail au XIXe siècle. Ses réalisations se retrouvent dans de très nombreux édifices religieux, notamment à Metz, Paris et Lyon. Maréchal est surtout l'une des figures centrales de ce foyer artistique messin auquel Baudelaire donna, au Salon de 1845, le nom d'École de Metz. Autour de lui gravitent notamment Auguste Migette, les Hussenot, Louis-Théodore Devilly et Aimé de Lemud. Peinture, dessin, pastel et vitrail participent alors d'un même mouvement romantique particulièrement actif en Lorraine. Après la guerre de 1870 et l'annexion de Metz, Maréchal quitte sa ville natale et poursuit son activité à Bar-le-Duc. Son œuvre peint et dessiné, aujourd'hui moins connu que son immense production de vitraux, permet pourtant de retrouver le paysagiste sensible à la lumière et aux effets atmosphériques que révèle précisément notre petit panneau.
Documentation : dictionnaire Bénézit. Monogramme, état et dimensionsL'œuvre porte en bas à droite le monogramme M, pour Laurent-Charles Maréchal. Encadrée sous verre, elle est peinte sur panneau et conserve son remarquable cadre d'époque en bois et stuc doré à l'or, à décor de palmettes, agrafes, fond granité et rangs de perles. Le tableau est parfaitement d'origine et sans restauration. Le cadre est également conservé dans un superbe état. Laurent-Charles Maréchal, dit Maréchal de Metz (1801-1887) Huile sur panneau monogrammée M XIXe siècle Panneau à vue : 22 x 11 cm Cadre : 50,5 x 39,5 cm DocumentationL'autoportrait conservé au musée de La Cour d'Or à Metz nous montre Maréchal vers l'âge de trente-cinq ans. Le musée conserve plusieurs œuvres de l'artiste et témoigne de la place majeure qu'il occupa dans la vie artistique messine du XIXe siècle.
Laurent-Charles Maréchal - Autoportrait, vers l'âge de 35 ans. Peintre de paysages et de portraits, Maréchal aborda également la peinture d'histoire. Épisode du siège de Metz illustre cette autre dimension de son œuvre et son attachement constant à l'histoire de sa ville natale.
Laurent-Charles Maréchal - Épisode du siège de Metz. |