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Julius II Adam - Cinq chatons jouant
École allemande du XIXe siècle Une petite comédie félineDans ce petit panneau plein de vie, Julius II Adam réunit cinq chatons autour d'une caisse et d'une écuelle. Le sujet est minuscule par ses dimensions, mais le peintre en tire une véritable petite scène de genre dans laquelle chacun des animaux semble jouer son propre rôle. En haut, un premier chaton a pris possession de la caisse et observe avec une expression presque courroucée celui qui tente de l'y rejoindre. Un troisième, installé sur la droite, assiste à la scène. Au premier plan, les préoccupations sont plus terre à terre : un chaton noir et blanc a plongé le museau dans l'écuelle tandis qu'un dernier, assis bien droit devant elle, paraît attendre son tour. Adam évite pourtant de transformer ses animaux en personnages humains. C'est par l'observation de leurs attitudes, de leurs regards et de leurs mouvements qu'il construit l'anecdote. Une patte posée sur le rebord, une tête qui se penche, un corps ramassé sur lui-même suffisent à organiser les relations entre les cinq petits protagonistes. Une peinture vive et spontanéeLe charme de cette œuvre tient également à une exécution étonnamment libre. Sur un panneau de seulement quatorze centimètres de hauteur, le peintre ne cherche naturellement pas le détail minutieux de chaque pelage. Les chatons sont construits par petites touches rapides de blanc, de brun, d'ocre et de noir, parfois simplement frottées ou juxtaposées. Les blancs crémeux des fourrures se détachent sur les tonalités chaudes de la caisse et du fond. Quelques accents verts suffisent à faire apparaître l'écuelle au centre de la composition, tandis que le sol gris bleuté éclaire le premier plan et permet à la signature sombre de se détacher nettement. Cette économie de moyens est particulièrement sensible lorsque l'on regarde le panneau hors de son cadre. La touche demeure visible, nerveuse et presque esquissée par endroits ; pourtant, à la distance normale de lecture, les attitudes et jusqu'aux expressions des animaux s'imposent immédiatement. Sous l'apparente facilité du sujet se révèle ainsi une peinture extrêmement sûre.
Le panneau hors de son cadre. Julius II Adam, le « Raphaël des chats »Julius Anton Adam, dit Julius II Adam, naît à Munich en 1852 et meurt dans cette même ville en 1913. Il appartient à une importante dynastie d'artistes munichois. Son grand-père, Albrecht Adam, fut l'un des grands peintres allemands de chevaux et de batailles du XIXe siècle. Son père, Julius Adam l'Ancien, peintre et lithographe, pratiqua également la photographie. S'il ne fit pas du chat la spécialité presque exclusive qui allait assurer la célébrité de son fils, il peignit lui aussi des paysages avec personnages et animaux et plusieurs scènes félines lui sont attribuées. Le jeune Julius commence précisément par la photographie. Il part pour l'Amérique du Sud et travaille pendant près de six années à Rio de Janeiro comme photographe et retoucheur. De retour en Allemagne, il reprend la peinture et étudie notamment auprès de Michael Echter puis de Wilhelm von Diez, figure importante de l'école munichoise. À partir du milieu des années 1880, Julius II Adam se consacre de plus en plus à la peinture animalière et surtout aux chats. Le succès est considérable et dépasse largement les frontières allemandes. Ses scènes de chatons lui valent les surnoms de Katzen-Adam, « Adam des chats », et de Katzenraffael, le « Raphaël des chats ». Cette popularité ne doit pas masquer la qualité de sa peinture. Derrière des sujets volontairement aimables, Adam observe avec beaucoup de justesse le comportement de l'animal et possède une remarquable facilité à traduire les pelages, les attitudes et les jeux de lumière. C'est précisément cette alliance entre virtuosité et anecdote qui explique le succès durable de ses scènes félines.
Documentation : dictionnaire Bénézit. Signature, panneau, cadre et étatLe tableau est peint sur un petit panneau d'acajou et signé Jul. Adam en bas à gauche. Le revers, laissé apparent, permet de voir le bois du panneau ainsi qu'une ancienne inscription manuscrite dont nous ne proposons pas d'interprétation.
Signature Jul. Adam en bas à gauche.
Revers du panneau d'acajou et ancienne inscription manuscrite. L'œuvre est présentée dans son cadre d'époque en bois mouluré et ébonisé. Ses larges moulures noires, caractéristiques des cadres historicistes de la fin du XIXe siècle, donnent une présence étonnante à ce tableau de très petit format.
Tableau parfaitement d'origine, sans restaurations. Dimensions du panneau : 14 x 10 cm Dimensions du cadre : 26 x 21,5 x 4 cm
Dos du tableau et de son cadre d'époque. Documentation et œuvres comparablesLes résultats de ventes publiques permettent de retrouver de nombreux petits tableaux de Julius II Adam consacrés aux jeux et aux occupations quotidiennes des chats. Les exemples ci-dessous, également peints sur panneau ou sur toile dans des formats modestes, illustrent la permanence de ce répertoire dans son œuvre.
Documentation Artprice : résultats de ventes publiques pour plusieurs œuvres de Julius II Adam de petits formats. Les œuvres conservées ou signalées dans des collections privées montrent également combien Adam aimait varier ses petites mises en scène : chatons installés dans une caisse, réunis autour d'une écuelle, intrigués par un papillon ou jouant dans la paille. Le décor change, mais l'attention portée aux attitudes et aux relations entre les animaux demeure constante.
Julius II Adam - Die Einquartierung, 1890.
Julius II Adam - Chats réunis autour d'une écuelle.
Julius II Adam - La curiosité et le papillon.
Julius II Adam - Chatons. |