VENDU

 
Fauteuil-canne-Epoque-Regence

Très riche et très rare fauteuil de cabinet
en bois de hêtre foncé de canne
d’époque Régence

 

Superbe témoignage de cette période de transition, aussi courte que féconde, que constitue la Régence, entre rigueur et académisme du Grand Siècle et naturalisme et fantaisie du Siècle des Lumières, ce siège possède des lignes majestueuses, où s’exprime la grâce de la Régence encore emprunte de classicisme, et où la luxuriance de la sculpture, tempérée par une parfaite symétrie, lui confèrent une très grande classe. L’influence de l’ornemaniste Pierre Lepautre est manifeste, et nous pouvons le dater très tôt, tout début Régence, vers 1725.

On note en effet l’implantation haute des bras d’accotoirs sans manchettes mais placés en retrait et dotés d’un gracieux mouvement en console renversée, la cambrure des pieds encore légère, la découpe droite du petit dossier* ainsi que celle des montants, qui sont autant de réminiscences de l’époque Louis XIV. Déjà l’entretoise a disparu, la traverse avant, tout comme le grand dossier, adoptent une découpe en arc et enfin, les montants du dossier se terminent par un épaulement saillant typique des premières années de la Régence, tandis que les consoles d’accotoirs présentent un beau chantournement qui préfigure " le coup de fouet " du style Louis XV à venir.

La sculpture, magnifiquement déliée, se désolidarise de la rigidité du cadre et, paraphrasant Roger Verdier, expert du mobilier XVIIIè, nous pouvons dire qu’elle " courre sans entraves sur la surface des bois avec une luxuriance savamment distillée ". Exceptionnelle de finesse et de nervosité, elle est aussi étonnamment bien ourlée et parfaitement dégagée pour un siège si tôt d’époque.

Ce siège possède toutes les caractéristiques du fauteuil de cabinet, placé à l’opposé du fauteuil de bureau, et il y a tout lieu de penser qu’il ne faisait pas partie d’une paire. Les dimensions généreuses, l’essence de bois employé, la profusion et la qualité d’exécution de la sculpture, tous ces éléments indiquent qu’il s’agit d’un siège de commande, fabriqué pour une riche demeure dans l’un des meilleurs ateliers de la capitale.

Aux amateurs qui s'étonneraient qu'un si beau siège ne soit pas estampillé, rappelons qu'à cette époque l'estampille n'existait tout simplement pas encore : Sageot, Gaudreaux et Doirat furent les premiers ébénistes à estampiller leurs meubles, mais seulement vers la fin de la Régence. De même, la marque de Jurande (JME) n'apparaîtra qu'après 1743, et c'est seulement à cette époque que se généralisera l'usage de l'estampille chez les grands menuisiers en siège.

* Le terme "petit dossier" désigne la traverse inférieure du dossier et "grand dossier" la traverse supérieure.

 
  Fauteuil-Regence    
 
 

Dans son ouvrage intitulé
"Le Style Régence" :

Roger Verdier fait l'étude d'un fauteuil de cabinet assez ressemblant et de même époque.
Il est intéressant de confronter les deux sièges. En dépit de ses qualités indéniables, le très bel exemplaire du Musée des Arts Décoratifs (reproduit en haut à droite) nous permettra de mieux souligner l'excellence et la rareté de notre siège.

   
 
 
Siege-canne-Epoque-Regence
 

 

A noter : (voir cliché ci-dessus)

A - Le très bel épaulement du dossier ourlé d’un mouvement en S ponctué de crossettes.

B - L’ornementation à double coquille du bout d’accotoir se prolongeant par un entrelacs ponctué d’un fleuron.

C - Les sculptures de fleurettes à la base du petit dossier mais plus encore à l’écoinçon
des montants et du petit dossier

D - La rosace quadrifoliée sculptée dans une élégie pratiquée à l’attache du dossier.

 
 
 
 
 

 

A - Le motif central de la traverse antérieure en forme de C affrontés bordés
d’un perlé et coiffés d’une coquille en palmette, le tout souligné d’un cartouche.


B - Et, de part et d’autre, les deux fleurettes en fort relief soulignées d'une fine réserve incisée

C - Le rappel de ces fleurettes parmi les arabesques des pieds antérieurs où s’étirent coquilles concaves et coquilles en palmettes, mouvements en C ponctués de crossettes et ourlés de collerettes festonnées, fleurons…

 
 
     
 

 

A - Le chantournement du châssis épousant celui de la traverse
antérieure et coiffant, par un ressaut, celui des pieds avant.

B - Le dévers (environ 11 cm) du large dossier assurant le confort.

C - Les traverses de côté sculptées de rinceaux fleuronnés.

D - La finition des pieds postérieurs sculptés d’acanthes.
 

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Dimensions :
Hauteur : 106 cm - Largeur : 61 cm - Profondeur : 53 cm
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Arabesque

 

 
Ce fauteuil, bien au delà de sa fonction de pièce de mobilier, se regarde comme une oeuvre d'art. Bien qu'âgé de près de 300 ans, il se présente aujourd'hui à nos yeux dans un état d'origine des bois remarquable. La canne, ancienne, est elle aussi en très bon état. Il est agrémenté d'un ancien coussin en galette garni toutes faces d'un lampas de soie à décor de branchages fleuris.
 
 
 
Fauteuil-de-cabinet-Epoque-Regence