Antiquités Philippe Glédel
VENDU

Très rare fauteuil en hêtre
de style Transition d’époque Louis XV
par Georges Jacob

« Georges Jacob a été, sans aucun doute, le plus grand fabricant de sièges français de tous les temps. Nul n’a plus produit, nul n’a mieux produit. Personne n’a su, comme lui, créer, innover, trouver des idées nouvelles ; peu ont eu le même sens de l’équilibre, de la grâce, des proportions et de la noblesse des lignes. Georges Jacob est un très grand artiste. »
Jean Nicolay, L’art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle.

Rare fauteuil en bois de hêtre d’époque Transition par Georges Jacob

Fauteuil en hêtre à dossier cabriolet en anse de panier,
style Transition Louis XV - Louis XVI.

Description du fauteuil

Superbe et très rare modèle à accotoirs « en console renversée » et « à pieds en console », de l’invention de Georges Jacob.

Supports d’accotoirs et pieds sculptés d’un même motif d’enroulement d’acanthe. Dés de raccordement sculptés d’une rosace à l’avant et de pastilles au dos.

Ceinture circulaire et évidée à l’intérieur.

Présence d’un fleuron, ou rosace, dans un triangle, à la rencontre des bras d’accotoirs et du dossier, et qui, outre le pied en console et la ceinture évidée, signe une réalisation de Georges Jacob.

Le fauteuil est garni à carreau, mais pourra aussi avantageusement être garni en plein, ce qui permettra de dégager le petit dossier.

Bien qu’âgé de près de 250 ans, ce siège se présente aujourd’hui à nos yeux dans un état d’origine remarquable. À signaler : des classiques renforts en ceinture et de petites entures en sifflet à la base des pieds arrière, au niveau des boules de pied.

Les sièges de Georges Jacob de ce type sont extrêmement rares sur le marché et ont souvent des provenances prestigieuses ; ils se rencontrent dans les musées ou dans de grandes collections privées. Notre siège « a une histoire » et une fort belle provenance qui sera dévoilée à l’acheteur.

Dimensions : hauteur 91 cm - largeur 61 cm - profondeur 54 cm.

Georges Jacob

Georges Jacob, le fondateur de la lignée, venu de Bourgogne, accède à la maîtrise en tant que menuisier en sièges en 1765, après un apprentissage chez Louis Delanois, autre grand maître de la menuiserie en sièges du milieu du XVIIIe siècle. Dès 1773, il travaille pour le Garde-Meuble de la Couronne ; cette collaboration ne sera interrompue que par la Révolution. Sa clientèle est des plus brillantes : la Reine Marie-Antoinette, le Roi et la famille royale, le comte de Provence, futur Louis XVIII, le comte d’Artois, futur Charles X, le prince de Condé, le duc de Penthièvre et les cours étrangères.

Fauteuil en hêtre à dossier cabriolet en anse de panier d’époque Transition Louis XV-Louis XVI de Georges Jacob, vue de profil

Vue de profil du fauteuil.

Les sièges à pieds en console

Rare fauteuil à pieds en console de Georges Jacob, vue avec son coussin Rare fauteuil à pieds en console de Georges Jacob, vue sans son coussin

Le fauteuil avec et sans son coussin.

« Arrive à ce moment l’époque Louis XVI, avec sa grâce un peu mièvre. Jacob va inventer - et exécuter presque seul entre tous ses confrères - les sièges à pieds “console” qui conserveront quelque chose des galbes incurvés du Louis XV. Ces meubles sont, généralement, des chefs-d’œuvre d’exécution, car le pied console, en soi, est disgracieux et lourd ; les quelques concurrents de Jacob qui se sont essayés dans cette voie n’ont produit, sauf exception, que des œuvres épaisses et sans grâces. Jacob a su donner à la console une ligne plus effilée, plus affinée. »
Jean Nicolay, L’art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle.

Documentation Jean Nicolay, fauteuil à pieds en console de Georges Jacob

Documentation Jean Nicolay.

Vues du fauteuil

Fauteuil Louis XV à pieds en console de Georges Jacob, vue de profil Fauteuil Louis XV à pieds en console de Georges Jacob, vue de profil sans son coussin

Deux vues de profil.

Fauteuil Louis XV à pieds en console de Georges Jacob, vue de côté droit Fauteuil Louis XV à pieds en console de Georges Jacob, vue de côté gauche

Vues des côtés droit et gauche.

Fauteuil Louis XV à pieds en console de Georges Jacob, vue de dos

Vue de dos.

Détails caractéristiques

Fauteuil de Georges Jacob, détail de la rosace entre le bras d’accotoir et le dossier Fauteuil de Georges Jacob, détail du bout de pied en toupie

Rosace au raccord de l’accotoir et du dossier ; terminaison du pied en toupie.

« Il existe un certain nombre de fauteuils portant son estampille, presque tous en cabriolets, à dossiers complètement cintrés, à bras en console renversées ramenés vers le centre, à ceinture nettement arrêtée, que supportent des pieds en console, terminés par des sortes de toupies. Ces meubles sont pour la plupart munis, à la rencontre des bras et du dossier, d’un triangle décoré d’une rosace, et comportent déjà, dans la ceinture au-dessus des pieds, un carré ou “case”, orné d’une rosace... Cette case va devenir de règle à l’intersection de la ceinture et des pieds sur les lits et les sièges pendant un quart de siècle. »
Pierre Verlet, Les meubles français du XVIIIe siècle.

Fauteuil de Georges Jacob, détail de la rosace de ceinture au sommet du pied

Rosace de ceinture au sommet du pied.

« Les sièges Transition, où les derniers feux de la rocaille rencontrent le répertoire à l’antique, sont assez nombreux dans la production de Jacob... Certains d’entre eux, portés par des pieds en console, appartiennent à un style néo-classique déjà bien évolué, même lorsque leur dossier ou leurs accotoirs conservent le galbe des sièges cabriolets Louis XV. Motif original et typique, un triangle sculpté d’un feuillage d’acanthe apparaît fréquemment, sur ces sièges, au raccord des accotoirs et des montants du dossier. »
Pierre Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIe siècle.

La ceinture évidée

Fauteuil de Georges Jacob, détail de la ceinture circulaire Fauteuil de Georges Jacob, détail intérieur de la ceinture évidée

Ceinture circulaire et détail de son évidement intérieur.

« Signalons enfin une pratique courante chez Georges Jacob et que seul Sené reprendra pour son compte : l’évidement de la face interne de la ceinture des sièges pour en diminuer le poids. »
Pierre Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIe siècle.

« Vers 1780, peut-être même avant, il arrondit, à l’intérieur, sous le siège, le bois de la ceinture pour rendre son meuble moins pesant, sans rien lui ôter de sa solidité ; sauf Sené, bien peu de menuisiers ont pris cette peine et l’on reconnaît bien souvent à ce détail, en passant la main autour d’un fauteuil, s’il est l’ouvrage de l’un ou l’autre des deux maîtres. »
Pierre Verlet, Les meubles français du XVIIIe siècle.

Documentation

Deux sièges très proches sont photographiés dans le livre d’Anne Forray-Carlier :
Le mobilier du Musée Carnavalet.

Documentation sur des sièges en console de Georges Jacob, détail de l’enroulement du pied d’un fauteuil du musée Carnavalet

Fauteuil du musée Carnavalet : détail de l’enroulement du pied.

Notre fauteuil de Georges Jacob, détail comparable de l’enroulement du pied

Comparaison avec notre siège.

Documentation sur un siège à pieds en console de Georges Jacob au musée Carnavalet

Siège comparable du musée Carnavalet.

Quelques sièges dans les musées

Documentation, chaise à pieds en console de Georges Jacob dans un musée Documentation, fauteuil de toilette à pieds en console de Georges Jacob

Exemples de sièges de Georges Jacob conservés dans des collections muséales.

Quelques sièges en vente publique

Documentation, sièges en console de Georges Jacob passés en vente publique à Paris Documentation, fauteuil en console de Georges Jacob passé en vente chez Christie’s

Deux exemples passés en vente publique.

Documentation, sièges en console de Georges Jacob en vente publique

Autres sièges comparables passés en vente publique.

Documentation comparative, chaises en console de Georges Jacob dans diverses ventes publiques

Diverses ventes publiques de sièges comparables.

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