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Petit cabinet en if et bois précieux
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Il ouvre par un couvercle sur le dessus faisant office de coffret, par un large tiroir en soubassement et par deux portes découvrant un théâtre à neuf tiroirs, auxquels s'ajoutent deux tiroirs en trompe-l'œil, architecturé de demi-colonnes surmontées de vases. Structuré de moulures ondées en bois noirci, typiques des productions des Flandres, il repose sur des pieds en plinthes découpées. Cependant, les intarsias de bois noirci sur if massif et le papier marbré d'époque qui le garnit orientent vers un travail d'Egra - Cheb en tchèque ou Eger en allemand -, ville historique de Bohême située près de la frontière allemande. Quatre rosaces de parement et trois plus petites, treize petits boutons de tirage tournés à la main - aucun n'est exactement semblable -, une petite et deux longues entrées de serrure ajourées et gravées, ainsi qu'une plaque de parement centrale couvre-joint découpée et gravée, le tout en laiton. Six petites charnières, une serrure en laiton et sa clé - la serrure du couvercle est manquante et le taquet du battant gauche a été refait par nos soins -, ainsi que deux charmantes poignées latérales en fer forgé et laiton poli. Bâti de sapin pour le dos et les contreforts des côtés, et fonçures de tiroirs en chêne maillé.
Époque XVIIe siècle. L'if - Taxus baccataCe cabinet est marqueté dans une rare association d'if et de bois exotiques précieux. L'if a longtemps été négligé en ébénisterie, mais ce bois, très apprécié des Britanniques, fut défendu par les plus grands. Au XVIIIe siècle, Weisweiler en fait un usage fréquent tandis que Roubo s'étonne : « Le bois d'if est de tous les bois de France celui qui par sa couleur et sa pureté approche le plus les bois des Indes. On en fait cependant peu d'usage en ébénisterie, je ne sais pour quelle raison. » Citons encore l'Encyclopédie-Roret du Menuisier Ébéniste (Nosban, 1857) : « le plus beau de nos bois indigènes pour la marqueterie. Il souffre la comparaison avec la plupart des bois que l'on fait venir à grand frais d'Amérique. » Le papier marbréLes origines du papier marbré européen proviennent à la fois des suminagashi inventés au Japon dès le XIIe siècle et de l'ebrû de l'Empire ottoman qui, en passant par la Turquie, connaîtra un véritable engouement en Europe de l'Est et en particulier en Allemagne dès le XVIIe siècle. Selon Marielle Brie, les premières productions allemandes apparaissent au tout début du XVIIe siècle. Leur surface, non polie à la manière orientale, permet notamment de les différencier des papiers turcs. La production allemande s'améliore rapidement au cours du siècle et s'exporte ensuite largement chez ses voisins. État et dimensionsMeuble dans un très bel état de conservation, parfaitement restauré par notre ébéniste. Finition rempli-cirée. Dimensions : 35 cm de haut × 34,5 cm de large × 19 cm de profondeur. |
Le cabinet ouvert, de trois quarts droit. |
Le cabinet de trois quarts droit, avec tous ses ouvrants. |
Le cabinet fermé, de trois quarts gauche. |
Le cabinet ouvert, de trois quarts gauche. |
Le cabinet fermé, de face. |
Vue rapprochée sur la façade. |
Chacun des côtés du cabinet. |
Détail des essences de bois. |
Deux petits tiroirs à caissons en chêne maillé et fines queues d'aronde, garnis d'un papier marbré. |
Documentation : Marielle Brie, Histoire du papier marbré. |
Le dos du cabinet. |
DOCUMENTATIONL'Essence du bois - Manuel d'identification macroscopique des bois du mobilier français - XVIe-XXe siècle
Un modèle très ressemblant parmi les cabinets d'Egra - Eger en allemand - connus pour leurs décors d'intarsias en relief. |
Documentation : Kunstauktionshaus Schloss Ahlden. |
Documentation : Drouot.com. |
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