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Pendule orientaliste à vue de Constantinople
en tôle dorée et fleurs de porcelaine de Paris
sous globe et sur boîte à musique
Époque Louis-Philippe

Pendule orientaliste d'époque Louis-Philippe en tôle dorée, fleurs de porcelaine, sous globe et sur boîte à musique

Très rare pendule orientaliste en tôle dorée ornée
de fleurs en porcelaine, à décor de « turqueries »

Parmi les pendules de ce type, cet exemplaire se distingue par ses proportions, par la richesse de son décor et par la qualité de son exécution. La tôle dorée est gravée et travaillée au repoussé, parfois jusqu'au haut-relief. Elle présente une profusion d'ornements : angelots, masques et bustes féminins, coquilles, panaches, rubans plissés, rangs de perles, feuilles d'acanthe, pampres de vigne et grappes de raisin, et renferme une remarquable miniature sous verre représentant Constantinople vue du Bosphore.

De nombreuses fleurs multicolores en porcelaine de Paris complètent cette architecture décorative. Leur modelé délicat et la variété de leurs couleurs contrastent avec l'éclat de la tôle dorée et renforcent le caractère précieux de l'ensemble.

Signe supplémentaire de luxe, la pendule repose sur une base en placage d'ébène soulignée de filets de bois clair. Cette base renferme une boîte à musique de 35 cm et reçoit un important globe de verre protégeant l'ensemble.

L'Orient et les turqueries sous le règne de Louis-Philippe

À partir des années 1830, le traditionnel Grand Tour vers l'Italie s'élargit aux voyages vers l'Orient. La navigation à vapeur rend Constantinople plus accessible et renouvelle l'intérêt des voyageurs, des artistes et des amateurs pour le monde ottoman.

Le compte rendu de la croisière de 1833 publié par Marchebeus sous le titre Voyage de Paris à Constantinople par bateau à vapeur paraît en 1839. Cette même année, Louis-Philippe envoie en Perse une mission diplomatique qui embarque sur le vapeur Le Véloce.

Si cette mission demeure un demi-échec diplomatique, elle constitue une réussite artistique. L'architecte Pascal Coste et le peintre Eugène Flandin, choisis par l'Institut de France et l'Académie royale des Beaux-Arts, publient quelques années plus tard Voyage en Perse, vaste ensemble de quatre volumes et de nombreuses planches. La diffusion de telles publications ravive en France le goût des turqueries.

Document évoquant les voyages en Orient et la vogue des turqueries sous Louis-Philippe
Vue générale de la pendule orientaliste avec son décor ottoman et sa miniature de Constantinople
Pendule orientaliste Louis-Philippe ornée d'une vue du Bosphore, de Sainte-Sophie et de la mosquée Bleue
Détail de la pendule orientaliste et de son abondant décor de tôle dorée
Pendule parisienne destinée au goût orientaliste, ornée de fleurs en porcelaine
Détail des fleurs polychromes en porcelaine de Paris ornant la pendule
Détail du décor repoussé, des rinceaux et des ornements de la pendule orientaliste
Détail du cadran, du balancier soleil et de la miniature de Constantinople
Vue du Bosphore peinte sous verre avec embarcations et panorama de Constantinople

Une remarquable vue de Constantinople depuis le Bosphore

Comme nous l'avons vu, le traditionnel Grand Tour, longtemps centré sur l'Italie, s'élargit sous le règne de Louis-Philippe aux voyages vers l'Orient. Notre pendule témoigne de ce nouvel engouement pour le monde ottoman et pour les traversées en paquebot à vapeur à destination de Constantinople.

Sous le balancier en forme de soleil, une remarquable miniature ottomane sous verre, mise en valeur par un cadre de laiton, déploie un vaste panorama du Bosphore. Des caïques et diverses embarcations, à voile ou à rame, en animent les eaux, aux côtés d'un vapeur européen qui pourrait évoquer Le Véloce. Au-delà se dessine Constantinople, étagée sur ses collines ponctuées de nombreux minarets ; on y distingue notamment le palais de Topkapi, la mosquée Bleue et Sainte-Sophie.

Détail vertical de la miniature sous verre représentant Istanbul et le Bosphore
Détail du mécanisme décoratif et de l'architecture en tôle dorée de la pendule

Un exemplaire qui dépasse les modèles habituellement rencontrés

La rareté de cette pendule tient autant à son iconographie qu'à sa construction. L'association d'une grande architecture en tôle dorée (aux motifs abondants d'une haute qualité de relief), de fleurs en porcelaine de Paris, d'une miniature ottomane qui nous donne à voir le Bosphore et la belle Contantinople, d'un globe de verre et d'une boîte à musique, forme un ensemble particulièrement ambitieux.

Les différents éléments ne sont pas simplement juxtaposés : le décor métallique encadre la vue de Constantinople, les fleurs en porcelaine animent la composition et la boîte à musique transforme l'objet en spectacle visuel et sonore.

Cette recherche d'effet, caractéristique des objets de grand luxe, explique la forte présence décorative de cette pièce particulièrement représentative du goût orientaliste sous Louis-Philippe.

Vue de la base en placage sombre contenant la boîte à musique
Détail de la boîte à musique et de la base de la pendule orientaliste
Vue d'ensemble des éléments de la pendule orientaliste, de son globe et de sa base