VENDU

 
 

Peinture chinoise sur soie

Lori des dames sur une branche de myrte

Travail impérial d'époque Yongzheng

 

 

 

Exceptionnelle peinture à l'encre et pigments sur soie à décor

d'un perroquet sur une branche fleurie et d'une calligraphie.

 

Se présentant en livret, marqué de deux sceaux en caractères sigillaires anciens.

Au dessus, un sceau-signature du peintre Jiang Tingxi ou Chen Jiang Tingxi

名章 composé de 3 caractères : 臣廷锡 - littéralement : Chen Tingxi ou Ministre Tingxi

Le terme "chen", qui signifie ministre, étant utilisé par un haut fonctionnaire dans
sa communication avec un dirigeant et qui peut être traduit aussi par
Votre serviteur.

Jiang-Tingxi-signature-sigillaire-sceau

Ce second sceau est probablement empreint d'une même dualité que le second, l'artiste
indiquant qu'il est au service de l'empereur de Chine et qu'il a beaucoup peint pour lui.

 

Au dessous, un sceau dit "de fantaisie" reprenant un vers de Jia Zhi,

poète de la dynastie des Tang 闲章 composé de 4 caractères 朝朝染翰

extraits de 朝朝染翰侍君王, soit « Chao chao ran han »

"Tous les jours, je trempe mon pinceau dans l'encre pour servir l'Empereur"

 

Dimensions : 42 cm x 40 cm - Planche 97 cm x 56 cm.

 

Travail Impérial.

Dynastie des Qing - Epoque Yongzheng.

Chine - Début du XVIIIe siècle.

Après 1722 et avant 1732.

 

* Jiang Tingxi *

(1669-1732)

Peintre et calligraphe sous les Qing, il fut, pendant le règne des empereurs Kangxi et Yongzheng, le peintre officiel de la cour impériale où il occupait la plus haute fonction.

"En tant que peintre officiel et grand secrétaire à la cour impériale, Jiang Tingxi a utilisé une large palette de styles artistiques, et s'est spécialisé dans les peintures d'oiseaux et de fleurs.  Il était également expert dans l'art de la calligraphie." WIKIPEDIA. (Traduit de l'anglais)

"Jiang Tingxi, a native of Changshu (常熟) in Jiangsu (江蘇), was a Presented Scholar (jinshi 進士) in the Kangxi (康熙) reign, serving up to the post of Grand Academician (大學士) of the Wenhua Hall (文華殿). He excelled at flower painting in a realistic style, and his works, full of life, were often done on imperial order." CHINA ONLINE MUSEUM.

 

 

Le sujet représenté est un Lori des dames posé sur une branche de myrte.
Il nous est décrit comme "Perroquet rouge à tête bleue".
La calligraphie est un descriptif ornithologique de l'oiseau.

Cette œuvre fait partie d'une série de peintures d'oiseaux de la main du peintre impérial Jiang Tingxi appelée "Le manuel des oiseaux" ou "les oiseaux de Jiang Tingxi" ou encore "les oiseaux de la Cité Interdite". Probablement commandée par l'empereur Kangxi et exécutée sous Yongzheng, elle sera reproduite par les peintres de la cour dans le cadre d'un recensement des plus importantes peintures et calligraphies impériales chinoises classées par genre, à partir de 1745, à la demande de l'empereur Qianlong (ouvrage qui porte le nom de "Shiqu Baoji" ou recueil des joyaux de la pinacothèque impériale). Cette peinture provient du second album de Jiang Tingxi, sans doute le plus merveilleux de tous, composé de 30 planches à sujet de perroquets et grandes perruches. Il fut reproduit à partir de l'été 1750, par Yu Sheng (1692-1767) et Zhang Weibang, les deux peintres de l'académie impériale de peinture spécifiquement affectés à cette tâche, et intégré au volume 4 du "Shiqu Baoji". Chacun des 12 albums de 30 planches du "Manuel des oiseaux", soit 360 au total, y seront reproduits, travail qui a demandé onze années aux peintres copistes.

http://catalog.digitalarchives.tw/item/00/31/ae/49.html

La version de 1750 du quatrième volume du Shiqu Baoji, conservée au Musée National du Palais qui abrite une partie des collections impériales de la Cité Interdite du palais de Pékin, commandée par l'empereur Qianlong, exécutée par Yu Sheng ou Zhang Weibang, présentant d'infimes variations picturales avec notre peinture et l'ajout d'une traduction de la calligraphie Han en caractères Mandchous.

Notre peinture, antérieure à la précédente, provenant de la version originale du second volume du Manuel des oiseaux et portant les signatures de Jiang Tingxi, œuvre très probablement exécutée pour l'empereur Yongzheng.

 

Lori à collier. D'après l'oeuvre de Jacques Barraband (1767-1809)
Planche de l'Histoire naturelle des perroquets par François Levaillant.

 

 

Les douze albums impériaux réalisés sont conservés par les deux musées abritant les anciennes collections du Palais Impérial de Pékin, soit le Musée National du Palais [Gùgōng] de Taipei (pour 4 exemplaires) et le Musée du Palais impérial [Beijing] de Pékin ( pour 8 exemplaires). "Le livre des oiseaux" se rattache au quatrième volume du "Shiqu Baoji".

S'ils possèdent les copies de Yu Sheng et Zhang Weibang, les musées nationaux chinois n'ont pas en leur possession les œuvres originales de Jiang Tingxi du "Livre des oiseaux" *

et aucune des peintures de cet album n'est passée en vente publique en Chine, et ceci semble t-il d'aussi loin que remontent les bases de données. **

Les originaux de Jiang Tingxi sont considérés comme disparus depuis fort longtemps, à l'exception semble-t-il de quatre peintures récemment retrouvées. ***

Indications confirmées dans le cadre de nos recherches par les sources chinoises les plus sérieuses :

* Le département des peintures et calligraphies du Musée National du Palais (Taipei)

** Le département des peintures et calligraphies anciennes de China Guardian Auctions.

*** Qing - Jiang Tingxi Peintures :

« Jiang Tingxi, planches ornithologiques (4 peintures) - Dimensions : 41x41 cm x 4
Sceaux : Ministre Tingxi (4 fois), Tous les jours je trempe mon pinceau ... (4 fois).

L’édition des douze albums qui nous est parvenue est une copie commencée la quinzième année du règne de Qianlong par les peintres du Palais Yu Sheng et Zhang Weibang à partir des originaux de Jiang Tingxi conservés à la Cour et dont le travail a pris 11 ans. Les quatre premiers de ces douze albums se trouvent dans la collection du palais impérial de Taipei, les 8 suivantes dans celle de la Cité Interdite à Pékin.

Ces quatre épreuves se trouvaient à l’étranger depuis longtemps. Le texte en regard, à gauche de la peinture, a été enlevé....A l’arrière de...sont écrits à l’encre les chiffres « 10 » et « 25 », qui indiquent probablement qu’il s’agit de la page 25 du second album, afin de pouvoir relier la collection originale.

Les deux sceaux « Ministre Tingxi » et « tous les jours je trempe mon pinceau … » sont identiques à ceux figurant sur le « Shigu Baoji ». Les originaux de Jiang Tingxi ayant disparu, il est possible que ces quatre planches en fassent partie. » (Traduit du Chinois)

 

On nous présente ces quatre peintures provenant d'anciennes collections étrangères comme les seules encore retrouvées des albums originaux des oiseaux de Jiang Tingxi et, tel que l'on peut le constater sur ces clichés, comme possédant des cartouches indiquant le nom de l'oiseau, comme ayant perdues leurs calligraphies placées à gauche, mesurant 41 x 41 cm, marquées des sceaux 臣廷锡 et 朝朝染翰 (soit exactement conformes à ceux de nos peintures - il est à noter que Jiang Tingxi a utilisé de nombreux sceaux différents au cours de sa vie), et enfin on nous précise que figurent au dos des annotations à l'encre, comportant par exemple pour l'une les chiffres, soit 10, suivi de廿五, soit 25, chiffres spécifiant la page 25 du 10è album. On retrouve bien (voir ci dessous) une semblable numérotation au dos de notre peinture, marquée ainsi planche 14 du 2è album.


Inscription à l'encre au dos : Il s'agit d'une numérotation des pages :

Le signe au dessus, soit un 2 - le signe soit 10, suivi de soit 4, donc 14.
Que l'on peut interpréter par : second album, planche 14.

 

Les œuvres d'art impériales n'étaient pas accessibles au public, et c'est pourquoi elles ne furent pas copiées, excepté à la demande de l'empereur Qianlong. Elles étaient conservées, soit dans la Cité Interdite dont les collections furent bien protégées, soit, et c'est donc ici très probablement le cas, dans l’ancien palais d’Été, palais Baroque édifié autour de jardins à quelques kilomètres de la Cité Interdite. Probable héritage des Ming, il fut restauré vers 1677 sous le règne de l'empereur Kangxi, puis offert à son quatrième fils, le Prince Yong, futur empereur Yongzheng 雍正 (1723-1735). C'est à cette époque qu'il prit le nom de "Yuanming yuan" (littéralement "le jardin de la clarté parfaite") et que les empereurs de la dynastie Qing prirent l'habitude d'y résider, de s'y consacrer aux arts tout en y menant les affaires de l'état, la Cité Interdite étant pour sa part réservée aux cérémonies officielles.

Reconnu pour ses vastes collections, le palais d'Été fut comme on le sait assailli et pillé par les troupes britanniques et françaises en 1860, lors de la Seconde guerre de l'opium.

 

HISTOIRE

Source WIKIPEDIA : En 1860, durant la seconde guerre de l'opium, l'empereur Xianfeng (avec notamment une de ses concubines Cixi) doit quitter la Cité interdite pour sa lointaine résidence de montagne de Chengde. Les forces franco-britanniques envahirent alors et saccagèrent l'Ancien palais d'Été qui était la résidence habituelle des empereurs (la Cité interdite étant surtout réservée aux cérémonies officielles). Elles occupèrent ce Palais d'été jusqu'à la fin du conflit. Du 28 octobre 1900 au 3 janvier 1902. Victor Hugo écrit dans sa lettre au capitaine Butler : « Cette merveille a disparu. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’orient. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre ». Cette lettre n'empêchera finalement pas l'écrivain français de compléter la décoration de sa maison de Guernesey avec quelques somptueuses soieries obtenues auprès d'un officier anglais qui a participé au pillage.

(1) Les collections de la Cité Interdite furent pour leur part presque intégralement conservées. Source WIKIPEDIA : Ayant été le séjour des empereurs durant plus de cinq siècles, la Cité Interdite regorgeait de trésors inestimables et de pièces d’une grande rareté. Cette collection fut cataloguée et exposée au public au sein d'un musée. Cependant, à la suite de l’invasion de la Chine par le Japon, la sécurité de ces trésors nationaux a été compromise, et ils furent évacués de la Cité Interdite. Après avoir été déplacés de place en place sur le territoire chinois pendant plusieurs années, Tchang Kaï-chek décida en 1947 de transférer à Taïwan un grand nombre de ces objets ainsi que ceux du Musée National de Nankin. Ces trésors ont formé le cœur du Musée national du palais à Taipei. La nécessité de ce transfert fut très controversée durant cette période de guerre civile, mais aura peut-être permis de sauvegarder une partie du patrimoine national lors de la Révolution culturelle qui sera déclenchée en 1966.

 

 

Etat : l'œuvre est présentée dans un magnifique état d'origine, encadrée sous verre.

Dimensions : peinture 0,86 m x 0,40 m ou deux fois 42cm x 40 cm - Cadre 1,06 m x 0,63 m.

 

Provenance : succession de Madame la Baronne de X née d'Aboville. *

 

* Auguste Elzéar Eugène d’ABOVILLE (1810-1865) : cet officier de marine se distingua tout au long du XIXe siècle. Il servit successivement dans la campagne de Crimée, en Chine où il commanda la flottille de bombardement qui agit contre Canton en 1857, puis prit le commandement de la ville, puis fut nommé contre-amiral en 1860. WIKIPEDIA

Archives nationales : « … Après plusieurs jours de pillage les troupes franco-britanniques incendient les deux palais impériaux d’été. Le vieux palais est totalement détruit et les trésors s'y trouvant sont pillés et rapportés à Paris et Londres. Le Traité de Tianjin est finalement ratifié par le frère de l’empereur, le prince Gong, lors de la Convention de Pékin le 18 octobre 1860, mettant un terme à la Seconde guerre de l’opium. »

Citée comme figurant aux archives : « Pièce G'1 : lettre du commandant Eugène-Auguste d'Aboville, 2 mai 1860. »

Une piste que l'on est évidemment en droit de considérer comme fort sérieuse, d'autant que l'Amiral d'Aboville était un amateur d'antiquités :

« The history of the Chinese coin collection in the Paris Cabinet des Médailles » Colloque International - Pékin 2002 : « Taking advantage of the preparations for the Second Opium War expedition, Napoleon III asked the Admiral Hamelin to delegate an officer especially to collect Far-Eastern coins. This Officer, Monsieur d'Aboville, did not have to participate in the Peking attack, but had to stay in Guanzhou to buy coins ... he set up himself in Guangzhou from 1857 to 1860 and bought coins but also forgeries from local collectors and dealers... »

Musée d'Ethnographie, d'Histoire Naturelle et d'Archéologie de Cherbourg :« L'ensemble archéologique et ethnographique des débuts devait s'accroître de manière très sensible, grâce à de généreux dons de particuliers (Amiral d'Aboville 1861 et 1886 ...) » « Petit escalier de bois grinçant, puis le salon chinois (objets de d’Aboville, seconde guerre de l’opium) ».

 

L'oeuvre du Shiqu Baoji : illustration d'un timbre poste chinois

 

Conclusions : on ne connaît en Chine des oiseaux de Jiang Tingxi que les seules copies réalisées pour le « Shiqu Baoji », hormis toutefois quatre peintures sur soie amputées de leurs calligraphies qui présentent des sceaux et des annotations au dos similaires à notre peinture, toutes les autres étant portées disparues.

Leur reproduction au « Shiqu Baoji » nous prouve qu'il s'agit d'un travail de cour, dit
« impérial ». La série des perroquets et perruches nous apparaît comme la plus admirable de toutes celles exécutées par le peintre.

La qualité de cette peinture et de sa calligraphie est incontestable, sa provenance est très bonne, les soies sont posées sur un papier qui présente bien les caractéristiques d'un papier chinois XVIIIe séché sur bambou, dès lors il est probant, comme pour les quatre peintures retrouvées, qu'il s'agit de l'original de Jiang Tingxi.

Outre son intérêt historique, son format, la finesse d'exécution du trait et la très délicate chromatique des couleurs en font une œuvre de très grande qualité et de grande décoration.


TROIS IMAGES AVEC FORT GROSSISSEMENT

 

REMERCIEMENTS

Remerciements pour ces recherches au département des peintures et calligraphies du Musée National du Palais de Taipei,
à Samuel Luc, François Charton et Zhang Zhong Qun pour leurs aides précieuses,
à eux tous et à eux seuls.

 

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