![]() |
Louis Delaître et les commodes Régence en sarcophage
|
|
|
Louis Delaître, ébéniste parisienLouis Delaître, ou encore Delaitre, travailla pendant plusieurs années rue de Lappe comme artisan libre avant d’obtenir sa maîtrise en 1738. Il résida plus tard rue Saint-Nicolas, où il demeura jusqu’à sa mort en 1750. Il s’est fait une réputation d’homme de caractère, sinon même brutal, mais aussi d’excellent ébéniste. Pierre Kjellberg le présente comme un artisan ayant eu « la double réputation d’excellent ébéniste et d’homme violent et vindicatif ». Le comte François de Salverte souligne pour sa part que Delaître pratiquait son métier avec talent, fournissait des marchands en vogue et laissa des meubles portant la marque L. DE/LAITRE, dont la forme la plus ancienne est disposée sur deux niveaux. Nous savons notamment qu’il travailla pour les Migeon.
L’Art et la manière des ébénistes français au XVIIIe siècle, Jean Nicolay. |
|
|
Les estampilles sous la RégenceL’estampille de Louis Delaître, lorsqu’elle est présente, se rencontre sous la forme L. DE/LAITRE répartie sur deux lignes. Les commodes en sarcophage qui la portent figurent parmi les rares meubles de ce type marqués d’une estampille non abréviative. Il convient cependant de nuancer l’idée selon laquelle les meubles de la Régence ne seraient jamais estampillés. Plusieurs ébénistes — parmi lesquels Criaerd, Denizot, Lieutaud, Mallerot, Garnier et Sageot — firent usage de marques durant cette période, souvent tracées en grandes lettres abréviatives.
Le Meuble français et européen du Moyen Âge à nos jours, Pierre Kjellberg. |
|
|
Résineux, chêne et noyer dans les bâtis parisiensÀ propos d’un bureau Régence donné pour un travail parisien dans l’entourage de Noël Gérard, et pour lequel une possible attribution à François Lieutaud était évoquée, l’étude Berger et Associés soulignait que le bâti en résineux est caractéristique des fabrications des ébénistes parisiens de la période Régence, conformément à une habitude de construction héritée de l’époque Louis XIV. "Quelques années plus tard, les bâtis en chêne deviendront plus fréquents. L’emploi du noyer pour la construction des tiroirs témoigne à la fois d’un travail parisien et d’une réalisation particulièrement soignée". Son utilisation à cet endroit constitue également un élément utile pour dater un meuble de la période Régence. Dans notre commode, la coexistence d’un conifère pour les façades de tiroirs, les planchers intermédiaires et les côtés, d’un chêne de grande qualité pour les montants et le dos, et d’un noyer parfaitement corroyé pour les caissons de tiroirs, situe précisément le meuble à un moment de transition dans les pratiques parisiennes. |
|
|
Le montage à encastrementLe montage en feuillure, également appelé montage à encastrement, est typique des fabrications parisiennes les plus soignées. Il permet au tiroir tout entier (fond et côtés du caisson) de glisser sur un plancher parfaitement plan. Ce procédé rend donc inutile la pose de coulisseaux (ne demeurent que des contre-coulisseaux) qui sont la cause, à long terme, de l’usure des bords latéraux des traverses. |
|
|
Documentation comparative des commodes en sarcophage
Commode dite « mazarine » en sarcophage d’André-Charles Boulle. Documentation : château de Versailles. |
|
|
Photographie détourée de notre commode. |
|
|
Commode en sarcophage et à pont attribuée à Louis Delaître. Documentation : Artcurial. |
|
|
Commode en sarcophage et à pont estampillée Louis Delaître. Documentation : Christie’s. |
|
|
Commode en sarcophage et à pont attribuée à Louis Delaître. Documentation : Antiquités Philippe Vichot. |
|
|
Commode en sarcophage et à pont attribuée à François Lieutaud. Documentation : Gazette Drouot. |
|
|
Commode en sarcophage et à pont. Documentation : Hampel. |
|
|
| © ANTIQUITÉS PHILIPPE GLÉDEL - TOUS DROITS RÉSERVÉS 1998 / 2026 |