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VENDU Commode de port rochelaise
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Très exceptionnelle commode de port fabriquée dans des bois ramenés à la fois d'Orient et des Antilles et combinant quatre bois précieux : l'acajou, le satiné, le palo Santo, l'ébène et enfin, principalement, un cinquième bois qui figure parmi les deux ou trois plus rares et plus précieuses essences au monde : l'ébène Royale. Aucun autre meuble de port français fabriqué à partir de l'ébène Royale ne nous est connu, pas plus que de meuble de port mariant comme ici cinq bois précieux. On n'en trouvera pas davantage dans les ouvrages traitant du sujet. Cinq bois exotiques en massif composent donc cette commode : Le palo Santo du Brésil. L'acajou de Saint-Domingue. Le satiné rubané de Guyane. L'ébène noire de Ceylan. L'ébène Royale des îles Andaman et Nicobar. Notre commode ouvre par trois larges tiroirs sur trois rangs en palo Santo, intercalés de traverses en ébène de Ceylan, et est couverte d'un plateau à cadre composé d'un rare et complexe parquetage principalement animé de larges traverses en ébène Royale sur fond d'acajou, certaines parties mouchetées ou pommelées, avec deux alaises en satiné rubané. Les quatre montants, décreusés de moulures et ponctués de pieds à volutes, sont également en ébène Royale, les deux montants antérieurs présentant les plus belles figurations ; il en est de même pour les quatre panneaux des côtés, intercalés de traverses en ébène de Ceylan. Les tiroirs sont ornés de poignées de tirage et d'entrées de serrure Louis XV en laiton ciselé et doré. Il s'agit de la garniture d'origine. Chacun des tiroirs est doté d'une serrure en fer, avec une clé pour l'ensemble. Les caissons de tiroirs sont en aulne et le dos en sapin, ces bois de second emploi ayant été choisis pour leur légèreté. On remarque l'absence de planchers intermédiaires, ceci très probablement pour ne pas augmenter encore le poids de ce meuble, se rapportant pour 90 % de sa composition aux trois bois les plus lourds au monde. En effet, si l'acajou est réputé comme un bois pesant, sa densité se situe seulement entre 0,73 et 0,76, tandis que les gaïacs, les ébènes et les satinés comptent parmi les seuls bois dont la densité est supérieure à 1 : entre 1,17 et 1,33 pour les gaïacs, certainement le bois le plus lourd au monde ; entre 0,95 et 1,10 pour les ébènes d'Asie, bois moins lourds toutefois que ceux d'Afrique, qui sont les seuls à approcher la densité du gaïac ; entre 1 et 1,10 pour les satinés, bois dont on ignore généralement le poids du fait de sa méconnaissance en massif. Nous insisterons sur le fait que cette commode est un meuble absolument extraordinaire et unique, tel un « ovni » parmi le mobilier portuaire, et qu'elle est la résultante de plusieurs tours de force : avoir débité de larges planches à partir d'un madrier de gaïac, ce qui n'est pas des moindres pour l'époque et ne le serait d'ailleurs pas moins aujourd'hui ; avoir réuni quatre bois provenant à la fois des Indes occidentales et des Indes orientales, parmi les plus précieux, pour mettre en écrin le « Graal » des bois exotiques, l'ébène Royale ; et enfin avoir ramené de celle-ci d'aussi larges et beaux plateaux de bois parfait. Inutile de préciser que l'exportation de ces deux ébènes est interdite pour l'une et drastiquement limitée pour l'autre. On trouvera aujourd'hui dans les boutiques de luxe des coffrets ou boîtes vendus sous le nom, acceptable mais encore toutefois mal orthographié, « d'ébène blanc ». Il s'agit de l'ébène du Laos, le plus proche parent de notre ébène. On oubliera cependant bien souvent de vous préciser qu'il s'agit en vérité d'ébène en placage tranché au 6/10e de mm, passé en étuve, donc perdant de sa couleur et de son lustre, collé sur divers bois exotiques beaucoup moins onéreux. Et ainsi donc, pour le dire sans ambages mais sans exagération, Monsieur Tout-le-Monde pourra s'offrir une terrasse en muiracatiara, par exemple ; pour l'avoir en ébène de Ceylan, il faudrait appartenir à l'intelligentsia sri-lankaise ; pour l'avoir en ébène Royale, il vaudrait mieux s'appeler Bernard Arnault. Très bel état d'origine des bois, plateau, façade et côtés. Le meuble a été entièrement revu par notre menuisier pour les parties intérieures, puis par notre ébéniste pour les parties extérieures, avec une rare et superbe finition en poli-ciré. Un mot sur le poli-ciré, puisqu'il s'agit d'une pratique décrite par Roubo mais quasiment abandonnée depuis le XVIIIe siècle, et qui consiste à polir le meuble à l'aide d'un tampon de prêle ou, et, d'un « chien ». Aucune matière n'est déposée sur le bois, ni cire ni vernis, si ce n'est juste de « l'huile... de coude ». De ce fait, nul reflet lumineux indésirable sur le meuble, qui conservera son bel éclat sans nécessiter d'entretien par la suite. Meuble de commande. La Rochelle, seconde moitié du XVIIIe siècle. Dimensions : 85,5 cm de haut x 114,5 cm de large x 65,5 cm de profondeur. |
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Avec ses bronzes restaurés et dorés.
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