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Commode Régence en satiné
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Description de la commodeCommode d’époque Régence ouvrant à trois tiroirs sur trois rangs séparés par des traverses foncées de cannelures de laiton. Les montants arrondis sont foncés d’une unique cannelure et ponctués de pieds à becquets. Le meuble est coiffé d’un marbre rouge de Rance dit « Vieux Rance ». Plaquée de satiné avec des encadrements d’amarante, presque ton sur ton, sur un bâti de sapin de qualité, elle présente des caissons de tiroirs en noyer, comme sur les meilleures fabrications de la période, et un galbe en plan sur toutes ses faces. Elle est enfin parée d’une ornementation de bronzes ciselés et dorés de très belle qualité : six poignées de tirage ornées de fleurons avec leurs rosaces, trois entrées de serrure aux chimères affrontées et deux sabots à triples palmettes. Plaquée de bois précieux, d’une très belle qualité de fabrication et d’une rare taille ramassée qui fait écho au raffinement des petits salons et boudoirs de la Régence, épurée et pourtant sophistiquée, cette commode, fabriquée par un grand maître œuvrant pour une clientèle exigeante, est parfaitement représentative des réalisations les plus élégantes et luxueuses de la période Régence. |
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État, montage et dimensionsCette commode se présente dans un superbe état d’origine, avec ses bronzes d’époque et ses anciennes serrures en fer. Une clé en bronze ciselé et doré permet d’actionner chacune d’elles. Les tiroirs sont montés à encastrements, avec des feuillures sur trois côtés, et glissent sur les planchers intermédiaires.
Dimensions : 83,5 cm de hauteur × 119 cm de largeur (105 cm à l’avant) × 63 cm de profondeur. |
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Mathieu Criaerd et sa première estampille « MC »
Estampille de Mathieu Criaerd frappée sur notre commode. Première estampille de l’ébéniste, utilisée sous la Régence. Mathieu Criaerd ou Criard (1689-1776), le plus célèbre représentant d’une lignée d’artisans flamands, exerça dans le faubourg Saint-Antoine à partir de la Régence. Alexandre Pradère nous apprend que son talent lui permit d’acquérir rapidement une situation prospère et qu’il travailla pour les plus grands marchands-merciers, tels Nicolas Héricourt, mais aussi et surtout pour ceux du Garde-Meuble royal : les Gaudreaus, Thomas-Joachim Hébert et son successeur Gilles Joubert. Nous savons aussi qu’il fournit des meubles à Jean-François Oeben. Notre commode est datable du début de son activité, alors que son atelier se situe encore rue Sainte-Marguerite ou rue Saint-Nicolas et qu’il signe de ses simples initiales : MC. Rappelons que peu d’ébénistes estampillaient leurs œuvres à cette époque et qu’ils utilisaient pour ce faire de simples marques abréviatives, de grande taille et assez grossièrement tracées. C’est le cas de Noël Gérard, qui signait NG, de François Lieutaud, qui signait FL, de François Garnier, qui signait FG, de Louis Simon-Painsun, qui signait LSP, ou encore de François Mondon, qui signait FMD avant de signer MONDON, presque exactement comme Criaerd. Précisons que, tant pour Mondon que pour Criaerd, Kjellberg, Nicolay ou encore Salverte ne citent que leur seconde estampille ; Pradère semble être le premier à avoir authentifié leurs marques abréviatives.
Les Ébénistes du XVIIIe siècle – comte François de Salverte.
Le Meuble français et européen – Pierre Kjellberg.
Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution – Alexandre Pradère.
Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, chapitre consacré à l’estampille – Alexandre Pradère. À lire également sur le site : notice consacrée à Mathieu Criaerd sur Anticstore. |
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Le satiné et l’amaranteSatiné (Piratinera venosa)
Ses zones de croissance sont les Guyanes, le Brésil, la Colombie et toute la région amazonienne. Le satiné présente deux aspects suivant le débit : sur dosse, un « satiné rouge » à cause de sa belle teinte uniforme soutenue, tel que sur notre commode, ou un satiné rubané lorsque le bois est plus clair, avec un contrefil marqué lorsqu’il est débité sur quartier. Importé dès la fin du XVIIe siècle, il fut utilisé par Charles Cressent, Antoine-Robert Gaudreaus et, un peu plus tard, Mathieu Criaerd, Pierre IV Migeon, Jean-François Leleu, BVRB, Jean-François Oeben, Martin Carlin, Jacques Dubois, Pierre Roussel. Jean-Henri Riesener sut particulièrement le mettre en valeur. Amarante (Peltogyne venosa)
Ses zones de croissance sont les Guyanes, le Brésil et toute la région amazonienne. L’amarante présente un bois de cœur violet plus ou moins foncé, d’où son ancien nom de « bois violet », s’accentuant lentement avec le temps pour devenir parfois brun sombre à l’air et à la lumière. Importé dès le début du XVIe siècle, il fut remis à la mode au XVIIIe siècle par André-Charles Boulle et Charles Cressent, qui en plaquaient parfois intégralement leurs meubles. Sources : Les Bois d’ébénisterie dans le mobilier français, J. Viaux-Locquin ; L’Essence du bois, P. George, E. Maurin, M.-C. Trouy-Jacquemet. |
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Vues et détails de la commode
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