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VENDU
Commode parisienne Régence attribuée à Étienne Doirat
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Une importante commode parisienne de la RégenceCette large commode ouvre à cinq tiroirs sur trois rangs, séparés par des traverses foncées de cannelures de laiton. Construite en placage de palissandre du Brésil marqueté en frisage de croisillons et filets sur un bâti de sapin, elle présente en façade un puissant galbe en arbalète, avec de larges montants foncés de cannelures rudentées, tandis que ses côtés sont galbés en plan avec des montants arrière à ressaut. Le meuble est coiffé d’un très rare marbre Griotte rouge dit « œil de perdrix » et paré d’une riche ornementation de bronzes finement ciselés et dorés : poignées de tirage aux valets, rares entrées de serrure aux chimères, important cul-de-lampe à mascaron féminin enrichi d’acanthes et chutes en feuilles d’acanthe crispée. La commode a conservé ses serrures d’origine et possède deux clés fermant tous les tiroirs. Ce meuble tôt dans l’époque Régence conserve encore les canons esthétiques du Grand Siècle tout en y ajoutant la grâce nouvelle du début du XVIIIe siècle. Travail parisien de l’époque Régence, vers 1715-1720,
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Étienne Doirat et son entourageÉtienne Doirat (1665-1732), dont la production est synonyme de classicisme et de qualité, travailla toute sa vie dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine pour une riche clientèle française et étrangère, comme le rappelle Pierre Kjellberg. Sa production antérieure à la Régence demeure moins bien connue, puisqu’il ne marqua ses œuvres qu’à cette période et durant les dernières années de sa carrière. Les travaux de Jean-Dominique Augarde, notamment Étienne Doirat, Menuisier en ébène, ont cependant mis en avant l’usage par cet ébéniste de certains modèles de bronzes très caractéristiques. Parmi eux figurent les fameuses entrées de serrure aux chimères ou sphinges, décrites par Anne Forray-Carlier dans Le Mobilier du Musée Carnavalet comme des sphinges dos à dos encadrant une entrée de serrure formée de deux crossettes adossées et surmontées d’un motif rayonnant avec perles. L’utilisation de ce modèle semble se circonscrire à un groupe d’ébénistes de l’entourage proche de Doirat : Louis-Simon Painsun, son gendre, Jacques Denizot et Pierre II Migeon, avec lequel l’hypothèse d’une sous-traitance a souvent été évoquée. Doirat est également bien connu pour son usage du palissandre et de la marqueterie de croisillons. |
Vues de la commodeVue de face de la commode et de sa façade en arbalète. Vue de trois quarts : une commode très architecturée, large de 1,43 m, aux courbes amples et dynamiques. Vue latérale montrant le galbe en plan des côtés et le ressaut des montants arrière. |
Le marbre Griotte rouge dit « œil de perdrix »Le plateau en marbre Griotte rouge des carrières du Minervois épouse les formes de la commode. Il s’agit ici d’un véritable « œil de perdrix », à la couleur rouge vif ponctuée de nombreuses goniatites de calcite propres à cette appellation, parfois confondue avec le rouge de Belgique. Le plateau de marbre Griotte rouge épousant le galbe de la commode. Détail du marbre et de ses nombreuses inclusions fossiles. |
Une riche ornementation de bronze et de laitonL’ornementation métallique joue un rôle majeur dans l’architecture du meuble. Les poignées de tirage aux valets, les entrées de serrure aux sphinges dos à dos et le mascaron féminin en agrafe sont complétés par de larges cannelures concaves foncées de laiton poli sur les montants et les traverses médianes. La base présente en outre une rare rudenture formée de cannelures convexes, qui accentue encore le caractère construit et puissant de la façade. Poignées de tirage aux valets, finement ciselées et dorées.
Mascaron féminin en agrafe et entrées de serrure aux sphinges dos à dos. Larges cannelures concaves foncées de laiton poli. Rare base rudentée en cannelures convexes. |
Construction, état de conservation et restaurationLa commode présente une très belle qualité de bâti. La totalité des fonds de tiroirs est montée sur noyer, et la vue du dos permet d’observer la construction du meuble. Le meuble se trouvait dans un très bel état d’origine, avec un placage non reponcé et demeuré clair. Il a bénéficié d’une restauration soignée et d’une finition exclusivement au vernis au tampon effectuée par un maître ébéniste. Vue du bâti intérieur et des fonds de tiroirs montés sur noyer. Le dos de la commode. |
Documentation et meubles de comparaisonLa carrière du Minervois exploitant le Griotte rouge fut décrétée carrière royale en 1692 par Louis XIV. Ce marbre fut largement utilisé dans les décors royaux et sur des meubles de grand luxe, notamment dans l’entourage d’André-Charles Boulle. Au XVIIIe siècle, il demeure recherché par les grands ébénistes. Commode de l’atelier d’André-Charles Boulle couverte d’un marbre Griotte rouge - Petworth House.
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