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COMMODE PARISIENNE LOUIS XIV attribuée à Doirat

 
   

 

Commode Louis XIV en placage de palissandre du Brésil marqueté en frisages et filets, la façade bombée, le plateau marqueté à décor géométrique de rosaces, de quadrillages et d'entrelacs, cerné d'une lingotière de bronze, les traverses et montants foncés de cannelures de laiton poli. Elle ouvre à trois rangs de tiroirs séparés par des traverses.

On note une très riche ornementation (d'origine) de bronzes ciselés, tels que de rares entrées de serrure aux chimères, des poignées de tirage à palmettes, mascarons de vieillards barbus et
chutes feuillagées ajourées, des chutes d'angle à coquilles et palmettes placées au sommet et à la base des montants, un important cul-de-lampe à mascaron féminin (masque de Céres) flanqué d'acanthes crispées au tablier.
La commode à également conservé ses trois serrures et leur clé en fer d'origine.

 

Travail parisien vers 1710 - 1715

 


Dimensions : 0,83 m de haut x 1,31 m de large x 0,68 m de profondeur.

 

   
 
 
 

 

Nous mettrons en évidence le plateau marqueté cerné de sa lingotière qui est l'apanage des véritables commodes Louis XIV, ce sont évidemment les plus rares car, outre qu'il les désigne comme les plus anciennes, c'est ce même plateau qui leur confère une élégance et une classe largement supérieure aux commodes à dessus de marbre qui viendront par la suite, commode dites Régence, et fabriquées sur le même shéma de bâti jusque pendant la période Louis XV. Plus encore ici, car nous avons affaire à un modèle parisien de grande qualité, aux proportions parfaites, et doté d'une fort riche ornementation de bronze ... C'est l'un de ces meubles (et c'est assez rare pour être souligné) présentant cet avantage de ravir l'amateur par sa classe très pure et pas du tout tapageuse, tout en ne passant jamais inaperçu, pas même aux yeux du profane.

 

 
 
 
 

 

Note : Ce type de commode, fort ancienne, est souvent donné pour fin XVIIe. Pour notre part, nous préférons l'exactitude et la dater tout début XVIIIe. Elle ne peut être estampillée car sa fabrication est antérieure à l'usage de l'estampille. Ainsi Sageot, Gaudreaux, Garnier F. (F.G.), Lieutaud F. (F.L.), Criaerd A., Carel et Doirat furent les premiers à estampiller leurs meubles, mais seulement vers la fin de la Régence. De même, la marque de Jurande (JME) n'apparaîtra qu'après 1743.

Etienne Doirat (1665 - 1732) dont la production est synonyme de classicisme et de qualité, travailla toute sa vie durant dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine pour une riche clientèle française et étrangère nous dit Pierre Kjellberg. Si on connaît assez mal la production de Doirat antérieure à la Régence, puisqu'il n'a marqué ses oeuvres qu'à cette période et durant les dernières années de sa carrière, les travaux de Jean-Dominique Augarde (Etienne Doirat Menuisier en ébène) ont cependant mis en avant que cet ébéniste avait l'exclusivité de certains modèles de bronzes dont les fameuses entrées de serrure aux chimères ou sphinges ainsi décrites par Anne Forray-Carlier (Le Mobilier du Musée Carnavalet) : "sphinges dos à dos, encadrant l'entrée de serrure formée de deux crossettes adossées et surmontées d'un motif rayonnant avec perles". L'utilisation de ce modèle semble se circonscrire à un groupe d'ébénistes de l'entourage proche de Doirat : Louis Simon Painsun (gendre de Doirat, n'accédant à la maîtrise que vers 1730), Jacques Denizot (n'accédant également à la maîtrise que vers 1730) et enfin Pierre II Migeon (1701 - 1758) avec lequel l'hypothèse d'une sous-traitance a souvent été évoquée. On note que, compte tenu de son ancienneté, de ces quatre ébénistes Etienne Doirat est le plus susceptible d'être l'auteur de notre commode. D'autre part, dans leur ouvrage Le Génie des HACHE Pierre et Françoise Rouge soulignent quelques caractéristiques propres à Doirat et enfin deux autres commodes connues d'époque Régence mais encore dans l'esprit Louis XIV et portant l'estampille de Doirat illustrent également parfaitement leur propos et le nôtre. (Illustrations en documentation en bas de page)

 

 
  Commode-Epoque-louis-XIV-en-placage-de-palissandre-marqueté-en-feuilles-Paris  
 


Provenant d'un château de Touraine
Large commode dans un très bel état d'origine complété par une parfaite restauration

 

 
 

Commode-parisienne-Louis-XIV-Louis-Etienne-Doirat

 
 

et finition au vernis-tampon effectuée par un maître ébéniste
 
 
Commode-Epoque-louis-XIV-plateau-à-motifs-géométrique-lingotiere-bronze
 
 

Plateau à décor géométrique à frisage en diamant de bois débité sur quartier
 
 
Commode-parisienne-Louis-XIV-riche-ornementation-de-bronzes-ciselés
 
 

Très riche ornementation de bronzes ciselés
 
  Bronzes-sphinges-chimeres-Commode-Louis-XIV  
 

dont trois entrées de serrure aux chimères adossées
 
 
 
 

Cannelures de laiton poli sur les montant et traverses
 
   
 

Chutes de bronze au sommet ainsi qu'à la base des montants
 
 

 
 

En côté marqueterie de losange à frisage en diamant typique des productions de Doirat
 
 

 
     
 

 
 
 
 

 
 


 

 
 
 
 

DOCUMENTATION

 
 

Entrée de serrure aux sphinges sur une commode des Migeon du Musée Carnavalet.

 
 

 
 


 
 

On retrouve de semblables entrées de serrure aux sphinges sur cette très exceptionnelle commode que nous daterons, pour notre part, tout juste de la Régence...les experts de Sotheby's n'est ce pas !

 
 

 
 


 

 

 

F. et P. Rouge, dans leur ouvrage, en soulignant l'usage des cannelures de cuivre sur les traverses de façade comme une spécificité de Pierre Hache, imaginent la plausibilité d'un lien avec François Mondon (l'ébéniste parisien et non son homonyme grenoblois) mais évoquent justement Doirat comme l'un des rares autres ébénistes parisiens à les avoir beaucoup utilisées sur ses commodes. Mais il apparaît également que Thomas et Pierre Hache sont justement les rares autres ébénistes à avoir fait usage de bronzes semblables à ceux de Doirat, et ainsi non seulement les entrées de serrure mais aussi les chutes en palmettes des montants de notre commode se retrouvent sur des commodes de Thomas Hache, et c'est peut-être donc plutôt entre Etienne Doirat et Thomas Hache que le lien a existé.

 
 

 
 


 
 

Image agrandie de la commode Régence à trois tirois estampillée E. Doirat

 
 

 
 


 
 

Il nous parait également intéressant de comparer les dimensions de ces deux autres commodes de Doirat à la nôtre, sans nous attarder sur leur hauteur qui sont en général approximativement les mêmes sur ces modèles (et normalement un peu plus basses en effet pour un modèle à dessus de bois) mais bien plus particulièrement sur leur largeur, qui sont absolument semblables, soit de 132 (sic...d'autant que c'est encore Sotheby's n'est ce pas !) et de 131 cm à rapprocher des 131 cm de notre commode, et surtout lorsque l'on sait que la largeur habituelle des commodes de ce type se situe en dessous des 130 cm.

 
 

 
 


 
 

Enfin cette dernière commode aurait pu être attribuée à Doirat. Elle nous permet de faire le lien avec notre commode Regence de Doirat encore également visible sur notre site : approximativement même largeur, mêmes entrées de serrure au sphinges et mêmes cannelures rudentées que sur cette autre commode.