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VENDU
Commode Régence aux espagnolettes
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Une commode d’apparat de la RégenceImportante et très rare commode d’époque Régence « aux espagnolettes », galbée toutes faces, en placage de bois de violette, ouvrant par quatre tiroirs sur trois rangs. Coiffée d’un superbe marbre Rouge Griotte belge à oreilles et à bec-de-corbin suivant ses contours, cette commode est animée par un puissant galbe en arc d’arbalète en façade, de larges montants au profil pincé particulièrement proéminent et un très rare galbe en S sur les côtés. Sans être nécessairement une œuvre de commande, ce meuble relève très probablement d’une fabrication à l’unité, par opposition aux fabrications dites de routine. Il présente ainsi une multitude de détails particuliers, parmi lesquels se distingue surtout le profil singulier du parement des montants arrière. Le caractère exceptionnel de cette commode tient à plusieurs traits : une ornementation de bronze de grande qualité à la superbe ciselure, de très rares espagnolettes, de non moins rares poignées de tirage « aux bouffons », des cannelures de laiton à rudentures sur toutes les faces, ainsi que des côtés galbés en S ponctués de montants arrière dont le décrochement en cavet est fortement profilé en concavité. Ce galbe du montant arrière, inscrit dans la continuité du côté, donne une visibilité presque immédiate aux flancs du meuble, lui restitue toute sa profondeur et met en valeur le supplément de luxe constitué par les cannelures postérieures. La qualité du placage de bois violet et les jeux de frisage complexes employés pour le mettre en valeur doivent également être soulignés. Le noyer utilisé pour les caissons de tiroirs et leur finition signent un ouvrage de grande qualité, comparable à ceux des ébénistes de premier plan de la période Régence tels que Charles Cressent, François Lieutaud, Michel Mallerot et François Garnier. Enfin, la majesté des dimensions est à relever, avec une largeur de plus de 145 cm. Travail parisien de l’époque Régence, attribué à Étienne Doirat. |
Étienne Doirat, un grand ébéniste de la RégenceÉtienne Doirat (1665-1732) fut l’un des ébénistes les plus importants et talentueux de la période Régence. Il est enregistré au Grand-Rue du Faubourg Saint-Antoine lors de son mariage en 1704. En 1726, il installe son atelier dans la cour de la Contrescarpe des Fossés de la Bastille et, en 1731, loue un magasin rue Saint-Honoré, tenu par son gendre Louis-Simon Painsun. Sa production, destinée à une riche clientèle française et étrangère, est synonyme de classicisme et de qualité, ainsi que le souligne Pierre Kjellberg. Les travaux de Jean-Dominique Augarde ont mis en évidence l’usage par Doirat de certains modèles de bronzes, parmi lesquels plusieurs types d’espagnolettes. ![]()
Jean-Dominique Augarde, Étienne Doirat, Menuisier en ébène.
Pierre Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIe siècle. |
Vues de la commode
Vue de face : une commode très architecturée, large de 1,465 m, aux courbes puissantes et souples.
Vue plongeante sur le marbre Rouge Griotte belge épousant les formes de la commode ; sa découpe aux quatre angles arrondis est particulièrement singulière.
Vue de léger trois quarts droit.
Vue de léger trois quarts gauche.
Seconde vue de trois quarts gauche.
Vue davantage latérale, mettant en évidence le galbe en S du côté. |
Le placage de bois de violette et le galbe des côtésLe placage de bois de violette offre un chatoiement remarquable, renforcé par des jeux de frisage complexes. Sur les côtés, la partie centrale associe un frisage en diamant à un frisage en ailes de papillon, tandis que les montants reçoivent un débit oblique. Le profil latéral constitue l’un des traits les plus singuliers du meuble. Le puissant galbe en S se poursuit jusqu’au montant arrière, dont le parement fortement concave diffère du ressaut plus traditionnel des commodes Louis XIV et du début de la Régence.
Jeux de frisage en diamant et en ailes de papillon sur un côté de la commode.
Débit oblique du bois de violette sur les montants.
Le profil exceptionnel d’un côté vu du dessus. |
Bronzes ciselés et dorésL’ornementation de bronze constitue l’un des points forts de cette commode. Elle comprend deux espagnolettes à la ciselure particulièrement raffinée, des poignées de tirage à côtes torses ornées de masques de bouffon coiffés d’un bonnet à clochettes, trois larges entrées de serrure, un mascaron au chérubin sur le tablier et deux sabots à palmettes et enroulements. Les cannelures de laiton poli à rudentures, présentes jusque sur les montants arrière, accentuent le caractère luxueux et très architecturé du meuble.
Les deux espagnolettes vues sous divers angles.
Poignées à côtes torses et masques de bouffon coiffés d’un bonnet à clochettes.
Plaquette de poignée, petite entrée de serrure d’un tiroir supérieur et large entrée centrale avec la clé actionnant les quatre serrures.
Une des trois larges entrées de serrure ciselées de coquilles Saint-Jacques et de fonds réticulés.
Le tablier de la traverse inférieure centré d’un mascaron au chérubin.
Un des deux sabots des pieds avant, à palmettes et enroulements. |
Construction, état de conservation et restaurationLe meuble se trouve dans un très bel état d’origine, avec un placage demeuré épais, aux tonalités chaudes et profondes car non reponcé. Il a bénéficié d’une restauration et d’une finition au vernis au tampon de haut niveau effectuées par un maître ébéniste. La construction intérieure témoigne également d’une exécution soignée : les fonçures sont entièrement en noyer massif et les chants des tiroirs plaqués de noyer royal. Les traverses portent des planchers intermédiaires ; des méplats intérieurs reçoivent en butée les plaquettes recouvrant les queues-d’aronde des côtés de tiroir.
Fonçures entièrement en noyer massif et chants des tiroirs plaqués de noyer royal.
La commode, tiroirs ôtés, montrant les traverses, les planchers intermédiaires et le dispositif de butée des tiroirs.
Vue sur le plancher et le dos de la commode. ![]() |
Documentation et meubles de comparaisonPour les espagnolettes
Catalogue Couturier Nicolay — commode estampillée Doirat avec de semblables espagnolettes.
Vente Tajan du 10 décembre 1999 — seconde commode estampillée Doirat avec de semblables espagnolettes.
Même commode que la photographie précédente, aujourd’hui dans une institution américaine ; les espagnolettes sont du même modèle, bien que leur ciselure diffère.
Jean-Dominique Augarde, Étienne Doirat, Menuisier en ébène — commode d’une collection privée milanaise arborant de semblables espagnolettes.
Sotheby’s Londres, vente du 12 novembre 2019 — quatrième commode flanquée des mêmes espagnolettes. Pour les poignées de tirage
Vente Sotheby’s — large commode de grande qualité estampillée Doirat sur laquelle semblent apparaître les mêmes poignées de tirage « aux bouffons ». Des poignées de ce type ont également été observées sur deux commodes d’apparat très proches de Pierre Hache, dont la célèbre commode aux armes de Louis d’Aymon de Franquières, conseiller au parlement de Grenoble, acquise par la Fondation Glénat. Pour les cannelures rudentéesCommode de nos anciennes collections, attribuée à Doirat, avec de semblables cannelures à rudentures.
Drouot.com — commode de grande qualité à semblables cannelures rudentées.
Drouot.com, vente Piasa — autre commode de très belle qualité à semblables cannelures rudentées.
Catalogue Millon & Associés — autre commode de belle qualité à semblables cannelures rudentées attribuée à Doirat.
Oise Enchères — autre commode de belle qualité* attribuée à Doirat à semblables cannelures rudentées. * Si elle doit être considérée comme exceptionnelle (à en croire l’intitulé), que dire des précédentes et de la nôtre. |
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