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Coiffeuse à caissons de style Transition
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Description de la coiffeusePar la qualité de sa marqueterie, la richesse de ses bronzes et la précision de ses marques, cette coiffeuse appartient aux œuvres les plus ambitieuses de Léonard Boudin à la fin de l’époque Louis XV. Elle ouvre en façade par quatre tiroirs sans traverses et une tablette gainée de cuir permettant un usage supplémentaire de table à écrire. Le dessus reprend l’ouverture tripartite commune aux coiffeuses Louis XV et Louis XVI : l’abattant central est foncé d’un miroir et les deux abattants latéraux sont munis de serrures. Ce modèle, dit « à la grecque », est marqueté sur toutes ses faces de cinq essences de placage. Le bois de rose, essence principale, est délimité par des filets de buis et placé dans des encadrements d’amarante. Les réserves présentent un riche décor de cubes sans fond en érable sycomore teinté tabac, bois de rose et bois de violette, le tout souligné par de minces filets de buis ou de larges filets de grecques en amarante. Le meuble est paré de hauts sabots ajourés et enveloppants, ainsi que d’une luxueuse et très rare garniture de bronzes dorés aux masques de satyre, d’une remarquable ciselure. Une astragale de bronze relie les chutes aux sabots. Cinq élégantes entrées de serrure, deux entrées plus petites et trois boutons de bronze complètent cet ensemble, conservé dans son ancienne dorure. Une clé à tête en bronze doré commande les cinq serrures. L’intégralité du bâti est en chêne. Sous la ceinture avant figurent la marque JME de la Jurande parisienne et la double estampille L. BOUDIN du maître ébéniste Léonard Boudin.
La première estampille, nettement frappée et accompagnée de la marque de Jurande, et la seconde, moins bien frappée. |
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Une œuvre caractéristique de Léonard BoudinSi Œben et Roger Vandercruse, dit Lacroix, comptent parmi les principaux initiateurs du style Transition, Léonard Boudin fut certainement l’un des artisans qui contribuèrent le plus largement à sa diffusion. Léonard Boudin a parfois estampillé des meubles exécutés par des confrères. Nous avons ainsi vu un bonheur-du-jour en marqueterie de cubes portant la double estampille de Boudin et de Denizot. On connaît cependant sa prédilection pour les marqueteries de cubes et l’on reconnaît son travail, comme le signale Pierre Kjellberg, à de grandes rosaces rayonnantes, mais aussi à de petits cercles inclus dans des encadrements sinueux, exactement tels qu’ils apparaissent sur notre poudreuse. Ces caractères stylistiques, associés à la double estampille, permettent de reconnaître de manière probante une œuvre exécutée dans l’atelier même de Léonard Boudin.
Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Pierre Kjellberg.
L’art et la manière des ébénistes français au XVIIIe siècle, Jean Nicolay. |
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Les bronzes aux masques de satyreCette garniture de bronze appartient aux modèles les plus prestigieux de l’ébénisterie parisienne du XVIIIe siècle. Elle ne se rencontre que sur un corpus très restreint de meubles de grande qualité, exécutés par quelques-uns des ébénistes les plus réputés de leur temps. François Quéré relève son utilisation par Œben, Roussel, Cosson, Dautriche, Foullet, Leclerc, Dubois et Montigny. Il cite également Topino, qui se fournissait auprès du maître fondeur-ciseleur Jean-Baptiste Dubuisson.
Les Roussel, une dynastie d’ébénistes au XVIIIe siècle, François Quéré. À cette liste, nous pourrions ajouter Riesener lui-même, comme le démontre une table Louis XVI portant son estampille, passée en vente à l’Hôtel George V le 3 avril 1996. L’étude Tajan précisait dans son descriptif : « Il est intéressant de comparer les chutes de bronze tout à fait caractéristiques et similaires de la petite table que nous présentons avec celles d’un petit meuble de dame formant bureau et coffret à bijoux, estampillé L. BOUDIN, d’époque Louis XV, et qui faisait partie de la collection de Madame H… Vente à la Galerie Charpentier le 15 mars 1937. »
S’agit-il du meuble vendu à Drouot en 2013, que nous reproduisons dans la documentation ? C’est tout à fait probable. Quoi qu’il en soit, mis à part celui-ci et notre poudreuse, nous n’avons pas vu d’autre meuble de Léonard Boudin garni de tels bronzes passer en vente publique durant les vingt dernières années. |
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État, dimensions et provenanceLe meuble se présente dans un remarquable état de conservation, avec sa garniture de bronzes dorés d'origine. Il a bénéficié d’une restauration de très haut niveau, suivie d’un vernissage au tampon exécuté par un maître ébéniste.
Dimensions : 77 cm de hauteur × 88,5 cm de largeur × 52 cm de profondeur.
Provenance : vente Christie’s Monaco du 19 juin 1999, puis collection privée parisienne. |
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Léonard BoudinLéonard Boudin (Paris, 1735-1804), maître en 1761. Habile ébéniste et marqueteur, Léonard Boudin travailla tout d’abord au faubourg Saint-Antoine, puis rue Saint-Nicolas, où il se fit remarquer par les Migeon. Ceux-ci lui commandèrent des marqueteries destinées à quelques-uns de leurs plus importants clients, tels le marquis de Castelmore et le chevalier d’Arcq. Reçu maître en mars 1761, il s’installa peu après rue Traversière et devint l’un des artisans les plus réputés de la capitale. Les commandes affluant, il ouvrit une enseigne de marchand-mercier entre le Palais-Royal et le Louvre et fit à son tour travailler d’autres ébénistes, parmi lesquels Evald et Denizot, Gilbert, Foullet, Pioniez et Topino. En 1771, au faîte de sa carrière, il reçut de Gilles Joubert, fournisseur de la Couronne, la commande d’un ensemble de meubles pour le comte de Provence. Léonard Boudin est aujourd’hui reconnu comme l’un des ébénistes français les plus importants de son époque. Ses œuvres sont représentées au Louvre, au musée Carnavalet et à Versailles, ainsi que dans plusieurs collections muséales internationales, notamment à New York, Cleveland et Stockholm. |
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Vues de la coiffeuse
Vue de face, tous les ouvrants déployés : quatre tiroirs, tablette à écrire et compartiments supérieurs. |
Vue de trois quarts droit, la tablette gainée de cuir disposée en position de table à écrire. |
Vue plongeante sur le dessus tripartite et ses trois abattants. |
Vue de trois quarts arrière montrant la continuité de la marqueterie sur toutes les faces. |
Vue latérale mettant en évidence le galbe du pied et le développement du sabot de bronze. |
Vue du revers, également marqueté, témoignant du soin apporté aux faces normalement moins visibles. |
Détail de la chute en bronze doré au masque de satyre. |
Masque de satyre vu en gros plan : qualité de la ciselure et de dorure. |
Détail du galbe des pieds, des chutes et des hauts sabots ajourés et enveloppants. |
Photographie détourée. |
Documentation et éléments de comparaison
Table de salon en marqueterie de cubes sans fond et filets de grecques, estampillée Léonard Boudin. |
Léonard Boudin, meubles marquetés de cubes. Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Pierre Kjellberg. |
Table de salon estampillée Léonard Boudin au Metropolitan Museum of Art. |
Table à coulisses avec marqueterie de cubes, vente Sotheby’s. |
Table de salon estampillée Riesener avec de semblables chutes aux satyres. Vente Tajan à l’Hôtel George V, 3 avril 1996. |
Semblables bronzes aux satyres sur ce cabinet serre-bijoux estampillé Boudin, qui pourrait être le meuble évoqué ci-dessus. |
Vente Fraysse et Associés du 4 décembre 2013 à l’Hôtel Drouot. |
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