Antiquités Philippe Glédel
VENDU

Important coffret en ferréol et ivoire
Paris, époque Louis XIV

Important coffret d’époque Louis XIV en ferréol et ivoire gravé, vue de face

Rare et précieux coffret d’apparat en placage de ferréol,
ferréol massif, plaques d’ivoire gravées et filets d’ivoire.
Paris, XVIIe siècle.

Description du coffret

Ce coffret ouvre par un large couvercle bombé en dôme, à pans coupés ou facettés, articulé par deux charnières en fer forgé. Il repose sur des pieds en boules aplaties en ferréol massif. Le bâti, en épinette, est assemblé à queues-d’aronde et le fond est en padouk.

Il est recouvert d’un épais placage de ferréol, souligné de multiples encadrements en minces filets d’ivoire et de bandes gravées de rosettes et de feuilles d’acanthe. Quatre larges plaques rectangulaires d’ivoire, gravées de jeux de putti dans le goût de François Duquesnoy, ainsi que deux plaques semi-circulaires en arc romain, ornent la partie inférieure.

Le couvercle reçoit quant à lui près de soixante petites plaques d’ivoire légèrement oblongues, gravées de sujets variés et disposées en bandes alternées. L’intérieur est garni d’un tissu damassé. Le coffret ferme par une serrure en fer et conserve sa clé en bronze ciselé d’époque.

Paris.
Époque Louis XIV, XVIIe siècle.

Le bois de ferréol

Le nom de ferréol ne vient pas de l’appellation guyanaise de « bois de fer », mais du nom de Pierre-Eléonore de La Ville, marquis de Férolles, gouverneur de Cayenne au XVIIe siècle, auquel est traditionnellement associée la diffusion de cette essence. Le bois fut aussi appelé bois de férole, coraçao de negro, bois perdrix ou œil-de-perdrix.

Roubo le cite dans L’Art du menuisier et indique en avoir vu un échantillon au cabinet d’histoire naturelle du Jardin du Roi. En raison du faible diamètre des billes et de la forte proportion d’aubier, le ferréol fut presque exclusivement employé en placage. Il compte parmi les bois précieux dont l’importation demeura limitée.

Documentation sur le bois de ferréol et son emploi en ébénisterie

Documentation relative au ferréol et à son emploi en ébénisterie.

Illustration documentaire relative au bois de ferréol

Classicisme et décor

S’il conserve une forme encore héritée des coffrets médiévaux, cet exemplaire adopte une ordonnance classique particulièrement savante. Les quatre compositions de putti et les deux compositions placées à l’amortissement des côtés, avec leur décor de sphinx, annoncent un vocabulaire ornemental qui connaîtra une longue postérité.

Le sphinx, réapparu dès la fin de la Renaissance dans le répertoire des grotesques, est également présent dans l’ornementation classique de grand luxe du XVIIe siècle. On le rencontre notamment dans les sculptures de Houzeau et Lerambert au château de Versailles, ainsi qu’à la base de la pendule dite à l’Uranie d’André-Charles Boulle.

Documentation comparative sur le motif du sphinx dans l’ornementation du XVIIe siècle

Le motif du sphinx dans l’ornementation classique du XVIIe siècle.

Documentation comparative sur le motif du sphinx et la pendule à l’Uranie d’André-Charles Boulle

Le coffret s’inscrit ainsi dans le courant du classicisme qui se développe parallèlement à l’art baroque. Face aux compositions volontiers complexes et irréalistes du maniérisme tardif, certains artistes recherchent un retour à des formes plus ordonnées, nourries de l’Antiquité, de la Renaissance et de l’observation de la nature.

En France, cette recherche d’ordre et de majesté trouve un terrain particulièrement favorable sous Louis XIV et participe à l’émergence de ce que l’on a appelé le « grand goût ».

Dimensions

Hauteur : 31,5 cm
Largeur : 48 cm
Profondeur : 24,5 cm.

Vues du coffret

Coffret Louis XIV en ferréol et ivoire gravé, vue rapprochée de la façade

Vue rapprochée de la façade du coffret.

Plaque d’ivoire gravée de putti sur le coffret en ferréol du XVIIe siècle

Détail d’une plaque d’ivoire gravée de putti.

Seconde plaque d’ivoire gravée du coffret d’époque Louis XIV

Détail d’une seconde plaque d’ivoire gravée.

Coffret en ferréol et ivoire du XVIIe siècle, vue de côté

Le coffret vu de côté.

Coffret Louis XIV en ferréol et ivoire gravé, vue de face et de trois quarts droit

Vue de face et de trois quarts droit.

Côté gauche du coffret en ferréol et ivoire gravé du XVIIe siècle

Le côté gauche.

Détail du côté gauche et des plaques d’ivoire gravées du coffret

Détail du côté gauche.

Coffret en ferréol et ivoire du XVIIe siècle, vue de trois quarts arrière

Vue de trois quarts arrière.

Côté droit du coffret Louis XIV en ferréol et ivoire gravé

Le côté droit.

Détail du côté droit et du décor d’ivoire gravé du coffret

Détail du côté droit.

Coffret en ferréol et ivoire, vue légèrement plongeante

Vue légèrement plongeante.

Coffret Louis XIV en ferréol et ivoire fermé, vue du dessus

Le coffret fermé, vu du dessus.

Coffret en ferréol et ivoire ouvert, vue de face

Le coffret ouvert, vu de face.

Coffret Louis XIV en ferréol et ivoire ouvert, vue du dessus

Le coffret ouvert, vu du dessus.

Documentation et éléments de comparaison

Les exemples réunis ci-dessous montrent plusieurs variantes de coffrets de provenances diverses. Leur exécution est souvent plus rustique que celle du présent exemplaire, mais ils constituent d’utiles points de comparaison pour la forme, l’emploi des placages sombres et le décor d’ivoire.

Coffret du XVIIe siècle comparable au coffret en ferréol et ivoire, documentation

Premier élément de comparaison.

Second coffret comparable du XVIIe siècle, documentation sur les coffrets en bois sombre et ivoire

Second élément de comparaison.

Troisième coffret comparable du XVIIe siècle, documentation comparative

Troisième élément de comparaison.

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