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VENDU
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Cabinet génois en armoire dit stipo « a bambocci »
Rare cabinet en armoire ou stipo « a bambocci » et sa credenzina
en placage de loupe de noyer et noyer massif très richement sculpté. Gênes, Ligurie - fin du XVIe siècle ou tout début du XVIIe siècle. |
Un cabinet génois de la première époqueÀ la fin de la Renaissance, la capitale de la Ligurie, « Gênes la Superbe », telle que surnommée par Pétrarque, est une ville portuaire ouverte sur le monde et cosmopolite — y réside notamment une importante colonie flamande — qui domine la Méditerranée et s'est octroyé le contrôle de l'Orient. En Italie, on parle ainsi du XVIe siècle comme du « siècle des Génois ». Durant la seconde moitié du siècle, l'armoire et le cabinet ont supplanté le coffre dans les intérieurs des grandes demeures. Vers 1560 apparaissent à Gênes les premiers meubles « a bambocci », sous la forme de cabinets aux décors sculptés inspirés par le maniérisme alors en vogue en Italie. Ces meubles, alors désignés sous le terme de cabinets ou d'armoires à monnaie et destinés à renfermer les objets précieux, connurent un grand succès, firent école dans les provinces voisines de Lombardie et de Toscane, furent fabriqués jusqu'au milieu du XVIIe siècle et même copiés durant le XIXe siècle. Ici, nous avons affaire à un meuble de la première époque de fabrication : on le découvre tant par son montage que par son décor très classique inspiré de l'Antiquité et non pas uniquement restreint aux bambocci ou poupons. Il s'agit aussi d'une pièce de haute qualité : utilisation du noyer pour l'essentiel du meuble, fonçures des tiroirs comprises, et superbe loupe de noyer posée en placage épais, le tout sublimé par un décor sculpté particulièrement riche et savant. |
Le stipo et sa credenzina d’époqueIl est très rare de trouver un cabinet génois fabriqué vers 1600 avec sa base d'époque, ici une credenzina qui lui sert de piédestal et sur laquelle il vient s'encastrer pour former avec elle une petite armoire. On le voit par exemple avec le stipo du musée de Boston reproduit plus bas en documentation, véritable meuble référent car d'une facture si proche que nous le pensons provenir du même atelier, mais dont la base est néo-Renaissance. Bien qu'en effet de faible encombrement, ce meuble superbement original ne compte pas moins de vingt-cinq ouvertures, dont vingt-et-une pour le cabinet à lui seul : trois portes-tabernacles, deux d'entre elles dissimulant chacune trois petits tiroirs, cinq grands tiroirs et deux petits tiroirs de part et d'autre, deux larges tiroirs et un tout petit en cimaise, et enfin deux casiers oblongs à glissants dissimulés derrière des caryatides. La petite crédence ouvre pour sa part par deux vantaux surmontés de deux tiroirs, dont un à blocage secret. On y compte au total neuf serrures et leurs clés respectives : sept d'origine et deux rapportées. |
Architecture et décor sculptéÀ noter sur ce meuble, à la fois fortement architecturé et admirable de fantaisie — et pour faire court vu la profusion de détails — : la rare architecture à trois portes-tabernacles en forme de voûte romane, tout comme celles de la credenzina, et richement sculptées de putti ; les nombreuses caryatides en haut-relief à figures toutes différenciées, tantôt masculines, tantôt féminines, qui scandent les arêtes des montants ; les bustes d'hommes « à l'antique » quasiment traités en ronde-bosse ; les mascarons de poupons ; la corniche de soubassement à décor de larges rosettes et d'écailles de poisson, supportée par des pieds en forme de lions couchés ; enfin le dessus du meuble, en noyer ciré et mouluré en cuvette, très probablement destiné à recevoir des objets de collection. |
État de conservationCe meuble est parvenu jusqu'à nous dans un état d'origine assez exceptionnel, avec pour toutes réfections — hormis de très légers accidents épars et le changement de deux serrures — la base des caryatides de la credenzina et quelques-uns des petits créneaux de la corniche du stipo. Il a fait l'objet d'une restauration et d'une finition rempli-ciré très délicatement approfondie qui lui a rendu tout son éclat. |
DimensionsHauteur totale : 191,5 cm |
Vues du cabinet et de la credenzina
Le meuble ouvert. |
![]() Le meuble de trois-quarts droit. |
![]() Le meuble de trois-quarts gauche. |
![]() Le stipo ouvert. |
![]() Le stipo fermé. |
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Signalons à ce stade qu'il serait aisé de configurer ce meuble, sans nuire à son intégrité, en deux parties distinctes : un stipo à poser sur une table ou une grande console — pour peu que l'on pose un plateau de bois ou de marbre dans l'encastrement — et une petite crédence ou credenzina. |
![]() La credenzina. |
![]() Le meuble ouvert de trois-quarts gauche. |
![]() Le meuble en vues de côté. |
![]() Le meuble vu de dos. |
Détails du décor et de la construction
Détail de la partie centrale du stipo (I). |
![]() Détail de la partie centrale du stipo (II). |
![]() Détail de la partie centrale du stipo (III). |
![]() Détail de la partie centrale du stipo (IV). |
![]() Diverses caryatides du stipo. |
![]() Détails de diverses poignées anthropomorphes et de la loupe de noyer. |
![]() Les serrures, les fonçures en noyer à fines queues d'aronde, les tiroirs en casiers dissimulés et leurs ouvertures à glissants. |
![]() Les caryatides de la credenzina et sa base. |
![]() Le dessus du meuble en noyer mouluré en cuvette. |
Documentation : meuble référent du musée de Boston
Isabella Stewart Gardner Museum, Boston. |
Mise en parallèle des deux cabinets : meuble du musée de Boston et notre cabinet dans son état de découverte. Essences de bois, architecture et ornements sculptés stylistiquement similaires ; il s'agit très probablement d'un travail du même atelier, sinon de la même main. |
Mise en parallèle des deux cabinets : meuble du musée de Boston et notre cabinet restauré, nettoyé puis rempli-ciré. |
Même similitude entre les portes-tabernacles, y compris leurs serrures. |
Haut de stipo génois de taille plus réduite — documentation Aguttes. |
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