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Bureau plat d’époque Louis XV
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Description du bureauRare et précieux petit bureau plat d’époque Louis XV, ce meuble est galbé sur toutes ses faces. Il est plaqué de bois de rose et présente, dans des réserves soulignées de filets polylobés, un décor marqueté de branchages fleuris en bois de houx, de charme ombré ou teinté vert et d’épine-vinette. Le fond de bois de rose est inscrit dans des encadrements de bois de violette. Son plateau mouvementé est foncé d’un maroquin cognac pleine fleur, gaufré et doré aux petits fers. Il est bordé d’un frisage de bois de violette dans des encadrements de bois de rose, le tout ourlé d’une lingotière de bronze ponctuée de quatre agrafes d’écoinçon ciselées et dorées. Le bureau ouvre en façade par trois tiroirs à recouvrements très élégamment découpés, ainsi que par deux tirettes latérales. La face opposée, tout comme les ceintures des côtés, simule des tiroirs présentant les mêmes recouvrements et une semblable marqueterie de fleurs. Les ceintures épousent avec précision les galbes du plateau. Le meuble repose sur des pieds gracieusement cambrés, ornés de longues chutes d’angle en bronze ajouré d’une remarquable ciselure. Une fine cornière relie ces chutes à de délicats sabots en chaussons. L’intégralité du bâti est en chêne. |
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Une attribution ancienne à Pierre RousselProvenant d’une ancienne vente Millon, ce bureau avait été attribué à Pierre Roussel. Bien que la marqueterie de fleurs ait été particulièrement en faveur au milieu du XVIIIe siècle et que nombre d’ébénistes l’aient utilisée, elle demeure emblématique du savoir-faire de Roussel. Nous reconnaissons ici, dans l’élégante simplicité de la composition et la maîtrise du décor floral, le style de cet ébéniste parisien fort réputé et prolifique. Les longues chutes d’angle en bronze apparaissent également très proches de modèles employés sur des bureaux estampillés Roussel, comme le montre la comparaison reproduite dans la documentation. L’attribution doit naturellement conserver son caractère prudent en l’absence d’estampille, mais elle repose sur un ensemble cohérent de caractères stylistiques, techniques et décoratifs. |
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Les tirettes latérales : restauration ou transformation ?Par souci de probité, nous signalons que le catalogue de la vente Millon portait la mention suivante : « Restaurations, transformations en ceinture. »
Nous avons donc examiné le meuble sous toutes ses coutures avec notre ébéniste. Il ressort de cet examen que les ceintures n’ont jamais été touchées, hormis les parties concernant les tirettes latérales. Les traverses de leurs châssis paraissent parfaitement authentiques et le placage de leurs parements est indiscutablement ancien. En revanche, leurs planchers en sapin ont été refaits, de même que leurs coulisses. C’est vraisemblablement à ces interventions que l’expert faisait allusion. Peut-être faudrait-il ainsi comprendre la mention du catalogue comme signalant des restaurations ou une transformation en ceinture. Notre ébéniste considère pour sa part qu’il s’agit plus probablement d’une restauration rendue nécessaire par l’usure normale des coulisseaux et par le travail des anciens planchers lors de la pose de nouveaux cuirs. Les bureaux d’époque sont rarement pourvus de tirettes, mais plusieurs exemples en sont connus, parfois même avec quatre tirettes, notamment parmi les bureaux et tables de bibliothèque. Que le dispositif soit entièrement d’origine ou qu’il ait été partiellement remanié ne modifie guère l’équilibre du meuble. Garnies du même maroquin que le plateau, les deux tirettes prolongent naturellement ses lignes, lui apportent un supplément d’élégance et offrent, à la demande, une très belle surface de travail. |
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Un bureau de cabinet ou de salonPar ses dimensions contenues, qu’il ne faudrait cependant pas confondre avec celles des bureaux dits « de dame », notre bureau s’apparente aux bureaux de bibliothèque ou de salon. Ces meubles furent très appréciés au XVIIIe siècle. Le roi lui-même possédait un bureau de seulement 148 cm de largeur, livré en 1734 par Gaudreaus pour le Cabinet à Pans et plus tard employé comme table de bibliothèque au château de Choisy. Ils demeurent aujourd’hui particulièrement recherchés pour leur élégance, mais aussi pour leur encombrement réduit et leur grande commodité d’usage. La documentation reproduite ci-dessous permet de replacer notre bureau dans cette catégorie de meubles de dimensions mesurées, destinés à prendre place dans un cabinet, une bibliothèque ou un salon. |
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Pierre RousselPierre Roussel (Paris, 1723-1782), maître en 1745.
L’art et la manière des ébénistes français au XVIIIe siècle, Jean Nicolay.
Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Pierre Kjellberg. |
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État de conservation, restauration et dimensionsLe meuble se présente dans un remarquable état de conservation. Hormis les interventions signalées sur les tirettes et quelques rares et infimes restaurations d’usage sans gravité, il conserve l’intégralité de son placage ainsi que toutes ses garnitures anciennes : trois serrures, deux clés à tête en bronze doré permettant de les actionner, trois entrées de serrure, les chutes d’angle et les sabots en bronze délicatement ciselés et dorés. La dorure à l’or fin, d’une très belle qualité, a été anciennement reprise. Le bureau a bénéficié d’une restauration complète au cours de la dernière décennie et de nouveaux cuirs ont été posés. Depuis son entrée dans notre collection, notre ébéniste a repris les infimes éclats, repoli la lingotière de bronze et rafraîchi le vernis au tampon. Quelques-unes des photographies ont été prises avant cette dernière intervention. Travail parisien d’époque Louis XV, attribué à Pierre Roussel, vers 1745-1755. Dimensions : 73 cm de hauteur × 123,5 cm de largeur × 67,5 cm de profondeur. |
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Vues du bureau
Vue de trois quarts gauche de la façade, montrant le galbe du plateau et les trois tiroirs. |
Vue de trois quarts gauche de la face arrière, traitée comme la façade avec des tiroirs simulés et une marqueterie florale. |
Vue de face : marqueterie florale des trois tiroirs et découpe des recouvrements. |
Vue de face, les deux tirettes latérales partiellement ouvertes. |
Vue plongeante sur le plateau mouvementé, son maroquin cognac et sa lingotière de bronze. |
Vue du dessus, les deux tirettes entièrement ouvertes et garnies du même maroquin que le plateau. |
Vues des deux côtés, montrant les ceintures galbées et les tirettes fermées. |
Vue de face, les trois tiroirs et les deux tirettes latérales ouverts. |
Vue rapprochée de trois quarts gauche, les tirettes ouvertes. |
Vue rapprochée de trois quarts gauche, les tirettes fermées. |
Vue rapprochée d’une ceinture latérale et de son décor de branchages fleuris. |
Détail d’un montant cambré et de sa longue chute d’angle en bronze ciselé et doré. |
Côté gauche de la ceinture de façade, puis côté droit de la face opposée : continuité des découpes et du décor marqueté. |
Côté droit de la ceinture de façade, puis côté gauche de la face opposée. |
Détails des délicats sabots en chaussons, ciselés et dorés. |
Serrures anciennes et fonçures des tiroirs. |
Parement d’une tirette : le placage est rigoureusement identique à celui des ceintures. |
Vue du dessous du bureau, où l’on observe les traverses anciennes non retouchées. |
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Documentation et éléments de comparaison
Le Meuble français et européen, Pierre Kjellberg. |
Petit bureau plat d’époque Louis XV à décor floral par BVRB. Vente Beaussant Lefèvre du 28 mai 2021. |
Petit bureau plat d’époque Louis XV à décor floral estampillé Roussel. Vente Tajan du 5 avril 2001. |
Bureau plat d’époque Louis XV à décor floral attribué à Roussel. Ancienne collection Galerie Léage. |
Petit bureau plat d’époque Louis XV à décor floral par Roussel. Vente Collin du Bocage du 14 mars 2012. |
Notre bureau attribué à Roussel. Vente Millon du 5 décembre 2012. |
Comparaison des chutes de pied du bureau estampillé Roussel reproduit ci-dessous et de notre bureau. |
Grand bureau d’époque Louis XV estampillé Roussel. Vente à Bordeaux du 26 mars 2022. |
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