Série de quatre assiettes à bord contourné en faïence, à décor de grand feu dit « à grotesques », en camaïeu vert souligné de manganèse, avec quelques touches de bleu.
Les décors, peints au centre de chaque assiette sur de petits tertres herbeux, représentent deux personnages, un nain et un personnage d'inspiration chinoise, ainsi que deux animaux, une levrette et un chien.
Ces sujets sont entourés de fines branches fleuries, de rinceaux et de petites compositions végétales disposées sur l'aile. Des touches de bleu viennent ponctuer certains motifs et souligner les contours.
Le traitement plein de fantaisie de ces petits personnages et animaux, isolés au milieu d'un décor végétal délicatement peint, appartient à la tradition des grotesques diffusée par les manufactures de faïence du XVIIIe siècle.
Les assiettes pourront être divisées.
Sud-Ouest de la France, probablement Montauban.
XVIIIe siècle.
Diamètre : 27,5 cm.
Bel état de conservation général, avec les accidents anciens signalés : quelques sauts d'émail en bordure et des fêles, dont certains agrafés au revers.
Les photographies détaillées permettent d'apprécier l'état particulier des assiettes et les traces de leurs anciennes réparations.
La production de faïences à décor en camaïeu vert, dans la tradition de Moustiers, fut très importante dans les manufactures du Sud-Ouest de la France au XVIIIe siècle.
Si les productions de Bordeaux, de Sainte-Foy-la-Grande et de Bergerac sont relativement bien connues, celles de Martres-Tolosane, de Montauban et de Toulouse demeurent souvent difficiles à identifier avec certitude.
Ces centres ont en effet repris avec une grande fidélité les compositions décoratives de Moustiers. Les formes employées, elles aussi très approchantes, constituent rarement à elles seules un critère suffisant d'attribution.
Pour cette série de quatre assiettes, nous proposerions volontiers une attribution à Montauban. La présence de touches de bleu dans certains décors, ainsi que le traitement particulier du nain, dont les vêtements semblent gonflés par le vent, constituent des indices allant dans ce sens.
Cette attribution demeure cependant une hypothèse, dans un domaine où les similitudes entre les productions des différentes manufactures sont particulièrement nombreuses.
Un fêle agrafé à 6 h et un double fêle entre 5 h et 6 h.
Un fêle léger et non traversant au centre ; un long fêle à 8 h.